Sport
L'arbitrage et la VAR ... les deux maux du football marocain
04/06/2021 - 20:02
Amine Oubaha
L’arbitrage et l’utilisation de la VAR lors des matchs de la Botola Pro ne cessent de faire des remous auprès des observateurs du football marocain. Cette saison, plusieurs matchs de la Botola Pro ont été marqués par des décisions arbitrales litigieuses remettant en question le rôle de la VAR ainsi que sa valeur ajoutée pour le football marocain.
Les deux matchs qui ont eu lieu jeudi 3 juin et ayant opposé le Rapid Oued Zem au Raja et le Youssoufia de Berrechid au Wydad ont été entachés par de "flagrantes" erreurs d’arbitrage.
Même après le recours à la VAR (censée aider les arbitres à prendre les bonnes décisions), plusieurs rencontres en Botola ont été émaillées par de mauvaises prestations des arbitres. Une des choses qui suscitent chez les supporters et les clubs marocains des doutes sur la crédibilité et l’utilité de la VAR, adoptée depuis la saison dernière par la Fédération royale marocaine de football (FRMF).
"La VAR mal utilisée"
Le spécialiste en arbitrage Mohamed El Mouajah a relevé dans une déclaration accordée à SNRTnews, plusieurs erreurs commises par les arbitres dans l’utilisation de cette technologie. "L’utilisation de la VAR dans les matchs de la Botola Pro a pour objectif normalement d’aider l’arbitre à prendre les bonnes décisions et lui donner une deuxième chance de réviser sa décision. Mais au Maroc, la VAR est mal utilisée", a-t-il fait remarqué de prime abord.
Il a aussi précisé que les arbitres marocains n’appliquent pas correctement les règles que stipule le protocole mis en place par l’International Football Association Board concernant les cas où la VAR devrait intervenir. "L’International Football Association Board (IFAB), instance qui régit les règles les lois du jeu a mis un protocole concernant l’usage de la VAR. Ce protocole contient 4 points essentiels qui nécessitent l’intervention de la VAR : valider ou non un but, accorder ou non un penalty, attribuer un carton rouge et identifier l’identité d’un joueur sanctionné", note Mohamed El Mouajah.
Et d’ajouter : "Ici au Maroc les arbitres de la VAR interviennent dans des cas non mentionnés dans le protocole de l’IFAB. Ils dérogent aux règles de l’utilisation de la VAR. Par exemple lors du match du Mouloudia d’Oujda et le Raja l’arbitre de la régie de la VAR a demandé à l’arbitre de revoir si le joueur Malango mérite un deuxième carton jaune. Même cas pour Achraf Dari qui a été sanctionné par un avertissement après que l’arbitre ait consulté la VAR".
La Direction nationale de l’arbitrage brise le silence
Les matchs de la Botola Pro qui se sont déroulés mercredi et dimanche derniers ont provoqué un grand débat autour de l’arbitrage. Pour mettre les choses au clair, la Direction nationale d’arbitrage (DNA) tiendra la semaine prochaine une conférence de presse pour se prononcer sur ces cas devenus problématiques.
C’est ce qu’a affirmé à SNRTnews, Yahya Hadqa le président de la DNA :"on va organiser la semaine prochaine une conférence de presse pour expliquer tout ce qui s’est passé lors des derniers matchs. On parlera en détail de l’utilisation de la VAR pour expliquer aux joueurs et à toutes les parties prenantes le fonctionnement de cette technologie".
En attendant, plusieurs équipes se sentent lésées par la nouvelle technologie, mais aussi par des erreurs "humaines" ayant impacté le résultat final de plusieurs matchs de la Botola Pro. Une injustice critiquée par les uns et qui passe sous silence pour les autres en attendant l'intervention de la DNA appelée aussi à rendre public les résultats de l'évaluation des arbitres.
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