Economie
Le collectif de la nouvelle génération d’entrepreneurs touristiques tire la sonnette d’alarme
27/05/2021 - 20:47
SNRTnews
« L’heure est grave ! » C’est avec ces mots que le Collectif de la nouvelle génération d’entrepreneurs touristiques au Maroc décrit la situation du secteur. Le collectif dévoile les problèmes dont souffrent le secteur et lance un appel à une action forte du gouvernement.
"Après plus de 15 mois d’arrêt net de l’activité, l’absence totale de visibilité quant à la sortie de cette crise, on demande des mesures sérieuses et immédiates, tant pour tenter de sauvegarder ce qui reste de l’outil de production touristique et maintenir un soupçon de paix sociale pour permettre une relance de l’activité", lit-on dans le communiqué du collectif.
Plusieurs points sont proposés pour relancer le secteur : le collectif appelle à la prolongation du mécanisme de l'indemnité forfaitaire de 2.000 dirhams trois mois minimum après la levée de l'état d'urgence sanitaire. "Puisqu’il y a unanimité sur la durée de la crise et la lenteur de la reprise qui ne font pas débat, ceci est un minimum, réaliste, réfléchi et objectif. C'est la même logique "d'aide à la reprise" que celle qui a prévalu au 2e semestre 2020. A défaut, les faillites vont s'accélérer et les licenciements - évités depuis 15 mois - s'imposer", précise la même source.
Le collectif recommande également la prolongation pour l’ensemble des employés du secteur, des reports de crédits et de traites jusqu'à la levée de l’état d’urgence sanitaire. "Les salariés du secteur font face à une double peine : une réduction de leur revenu, au mieux à 50%, et bien plus en moyenne et la poursuite des prélèvements bancaires pour leurs traites avec les frais d’impayés qui s’accumulent", explique le collectif. Et d'ajouter : "Les indemnités forfaitaires de la CNSS sont virées sur leur compte et prélevées immédiatement par les banques, laissant de ce fait les salariés sans aucun revenu pour survivre pendant cette période. Un accord doit être trouvé entre le GPBM et Bank Al Maghrib pour soulager ces salariés de cette pression additionnelle, d’autant plus que n’ayant aucun revenu, ils sont dans l’incapacité de payer. À défaut, ces salariés changeront de secteur et l’industrie perdra une expertise indispensable au redémarrage de l’activité".
Le collectif appelle aussi à la levée totale des restrictions sur la circulation inter-régionale et à la réouverture graduelle du trafic international et par étape en priorisant les vaccinés et à défaut demander des tests négatifs aux personnes désirant se déplacer et ce à partir du 15 juin 2021.
Les entrepreneurs du secteur touristique appellent également à la vaccination des salariés du secteur à commencer par ceux déclarés à la CNSS. "En dehors de l’efficacité objective de la mesure, il y a un effet de communication vis-à-vis du marché international qui positionnera le Maroc comme pays à la pointe de la gestion de COVID-19 et donc comme une destination prioritaire pour un tourisme en sécurité", précise encore le communiqué.
Le collectif appelle aussi à l'arrimage du Maroc aux mécanismes du Pass sanitaire de l'UE, afin de pouvoir s’intégrer dans le circuit général de programmation des compagnies aériennes et tour-opérateurs internationaux.
Appel de détresse
Le collectif confirme être conscient des défis auxquels le Maroc doit faire face pour assurer la sécurité sanitaire de ses citoyens, mais demande que l’on prenne en compte également la dimension sociale et économique et la détresse dans laquelle se trouvent l’ensemble des parties prenantes de l’industrie touristique. "Ceci est un appel citoyen et un appel de détresse par défaut de prises de paroles suffisantes et structurées de nos organisations professionnelles nationales", alertent les membres du collectif.
Pour rappel, le collectif de la nouvelle génération d’entrepreneurs du Tourisme est un « Think tank » de dirigeants d’entreprises touristiques qui intègre toute la chaîne de valeur touristique marocaine.
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