Art & Culture
Le film "Aisha Can't Fly Away" en compétition à Marrakech après Cannes 2025
03/12/2025 - 23:58
Khawla Znaizini | Ayoub MouhyiddineDans son premier long métrage, "Aisha Can't Fly Away", le réalisateur égyptien Morad Mostafa mêle avec finesse le réel et l’imaginaire pour sonder les tragédies humaines liées à la migration forcée.
Après sa sélection à la section Un Certain Regard du Festival de Cannes 2025, le film, projeté mercredi, concourt en compétition officielle à la 22e édition du Festival international du film de Marrakech. Il avait auparavant été distingué aux Ateliers de l’Atlas du festival, dans la catégorie « projets en développement ».
À travers le regard d’Aisha, jeune Soudanaise déplacée par la guerre, Mostafa peint un Caire sombre, saturé de violences physiques et symboliques, avec des scènes d’une brutalité et d’une étrangeté parfois insoutenables. Aisha travaille comme aide-soignante dans un quartier défavorisé où vivent de nombreux autres déplacés.
Le film, qui est la première expérience de long métrage du réalisateur égyptien Morad Mostafa, arrive au Festival de Marrakech, marquant sa première escale au Moyen-Orient après une tournée dans un certain nombre de festivals européens et latino-américains. Mostafa a considéré cette étape comme un moment d'une grande spécificité, soulignant que le festival est un espace international qui donne aux cinéastes du monde arabe l'opportunité de se présenter devant un public diversifié et exigeant.
Dans une déclaration à SNRTnews, Morad Mostafa a expliqué qu'il avait choisi d'aborder l'histoire du film sous un angle neutre, sans tomber dans le discours de la victime ou la moralisation directe.
Comme il en a l'habitude dans ses œuvres précédentes, Mostafa a révélé qu'il choisit de travailler avec des acteurs non-professionnels, y compris l'héroïne du film qui vient du monde du mannequinat, considérant que ce choix fait partie de sa vision cinématographique, et que l'important est que les émotions soient plus sincères.
Cette orientation s'est clairement reflétée dans le style du film, qui s'appuie sur un langage visuel basé sur le mouvement, le silence et les expressions corporelles, plutôt que sur le dialogue direct, offrant au spectateur un large espace pour la réflexion et l'immersion dans l'expérience.
Le film dépeint le voyage d'une jeune fille soudanaise vivant dans un quartier populaire en Égypte, qui fait face à des pressions sociales et émotionnelles s'accumulant progressivement pour provoquer une transformation profonde en elle, dans un récit qui touche à la violence psychologique et à la fragilité humaine loin d'être direct.
De son côté, l'acteur Imad Ghoneim, l'un des participants au film, a affirmé que l'interaction était large et marquante, estimant que le public s'est engagé avec les personnages et la construction psychologique que l'histoire porte, soulignant que son rôle dans le film est complexe et central dans le déroulement d'un des fils de l'histoire.
Morad Mostafa, passé par le programme Berlinale Talents à Durban et la Locarno Academy, a écrit et réalisé trois courts métrages tous sélectionnés au Festival de Clermont-Ferrand trois années de suite. Ses œuvres ont été projetées dans plus de 300 festivals à travers le monde. Son plus récent court, I Promise You Paradise, a été sélectionné à la Semaine de la Critique du Festival de Cannes en 2023.
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