Economie
Le Maroc mise sur les algues pour surfer sur la vague de l’économie bleue
23/09/2025 - 18:05
Matar Bensalmia | Ayoub MouhyiddineL’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture (ANDA), en partenariat avec la Banque mondiale, a réuni ce lundi institutions publiques, experts, investisseurs et opérateurs économiques autour du Dialogue national sur le développement et la valorisation des algues, sous la présidence de Zakia Driouich, Secrétaire d’État chargée de la Pêche maritime.
L’objectif étant d’ériger l’algoculture en pilier de l’économie bleue marocaine. Une filière qui, selon les projections, pourrait atteindre 100.000 tonnes de production, générer des emplois durables, attirer des investissements stratégiques et placer le Royaume sur la carte mondiale d’un marché en pleine effervescence.
Une filière d’avenir
Avec ses 3.500 km de côtes et des écosystèmes marins d’une richesse rare, le Maroc dispose d’atouts incontestables. Les usages potentiels des algues ne se limitent pas à l’alimentation humaine ou animale. Cosmétique, pharmacie, biomatériaux, textiles ou encore biostimulants agricoles… autant de secteurs émergents qui illustrent la dimension pluridisciplinaire de cette ressource naturelle.
“Nous sommes réunis aujourd’hui non pas pour dresser un simple constat, mais pour échanger, réfléchir et anticiper l’avenir”, a souligné Zakia Driouich. Elle a insisté sur le rôle de l’algue comme vecteur stratégique de l’économie bleue, rappelant que plus de 95 % du marché mondial est déjà issu de cultures aquacoles.
Un marché mondial en pleine expansion
À l’échelle internationale, les chiffres donnent le vertige. La filière affiche une croissance annuelle de 10 % sur la prochaine décennie, pour un marché évalué à 30 milliards de dollars US, soit près de 300 milliards de dirhams. Pour Zakia Driouich, il s’agit de “répondre à la demande internationale grandissante ne dépendra que de notre capacité à structurer une filière innovante, performante et respectueuse des écosystèmes”.
Un message partagé par Ahmadou Moustapha Ndiaye, représentant directeur pays de la Banque mondiale pour le Maghreb et Malte. “Le Maroc a positionné l’aquaculture comme un pilier fondamental du développement de l’économie bleue, en particulier la culture des algues qui présente un potentiel important de développement économique, de diversification et de création de valeurs ajoutées”, a-t-il indiqué. Selon les analyses de l’institution, le Royaume pourrait générer jusqu’à 450 millions de dollars de revenus et créer près de 36.000 emplois si son potentiel était pleinement exploité. “Il y a des défis à relever, et le secteur privé a un rôle essentiel à jouer”, a-t-il ajouté, en appelant à renforcer le dialogue entre gouvernement, partenaires financiers et investisseurs pour concrétiser cette ambition.
L’algue, un catalyseur de développement durable
Au-delà des perspectives économiques, les algues incarnent aussi un atout écologique. Véritables alliées de l’environnement, elles contribuent à régénérer les écosystèmes marins, à réduire l’acidification des océans et à séquestrer le carbone.
Le Dialogue national se veut ainsi une plateforme de concertation et d’innovation. Quatre ateliers thématiques rythment la journée, explorant les multiples facettes de ce “trésor vert”, allant de l’industrie agroalimentaire aux biomatériaux, en passant par la pharmacie ou la cosmétique.
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