Politique
Le ministre de la Justice s'engage à revaloriser les indemnités des médecins légistes
29/04/2025 - 08:54
Ouiam Faraj | Mohammed Fizazi
Lors de la séance de questions orales ce lundi 28 avril 2025, le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi a reconnu le déficit de médecins légistes au Maroc. Il a annoncé des mesures pour former rapidement des praticiens afin de combler ce manque
Abdellatif Ouahbi, a reconnu, en réponse à une question du groupe socialiste de l'opposition fédérale, que les rapports internationaux sur les droits de l'homme reprochent au Maroc l'absence d'un système structuré de médecine légale.
Le ministre a précisé que le nombre de médecins spécialisés dans ce domaine reste extrêmement limité, rendant difficile la présence d'un médecin légiste dans chaque province. Il a indiqué que son ministère travaille sur ce dossier à travers l'élaboration d'un décret visant à former rapidement des médecins généralistes pour qu'ils puissent assurer des missions de médecine légale.
Abdellatif Ouahbi a également souligné que la spécialité du droit médico-légal peine à attirer les étudiants des facultés de médecine, notamment en raison de l'absence de motivations financières. À ce jour, 158 médecins légistes ont été formés au Maroc, et un nouveau cycle de formation est en préparation pour augmenter ce nombre.
Par ailleurs, la Chambre des représentants avait constitué en décembre 2023 une mission exploratoire chargée d'évaluer la situation de la médecine légale au Maroc. Toutefois, cette mission n'a pas achevé son travail. Son président, le député Mustapha Jedad, a évoqué les difficultés rencontrées pour fixer une date pour une journée d'étude prévue dans ce cadre. Il envisage de demander la reprise de la mission, qui n'a tenu que trois réunions depuis sa création, la dernière datant de mai 2024.
Cette mission avait été initiée à la demande du groupe parlementaire du Rassemblement national des indépendants. Elle visait à évaluer la réalité de la médecine légale dans le pays et à analyser l'efficacité des politiques et programmes adoptés par les différentes parties prenantes du secteur.
Dans ce contexte, le professeur Ahmed Belhouss, fondateur de l'Association marocaine de médecine légale, a décrit la situation de cette spécialité comme préoccupante malgré les efforts consentis. Dans une déclaration à SNRTnews, il a souligné l'important déficit en médecins légistes et plaidé pour la création d'un cadre institutionnel permettant de structurer la pratique de la médecine légale, en misant sur des incitations matérielles et morales pour rendre la spécialité plus attractive.
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