Economie
Les entreprises dans la spirale de l'endettement
01/02/2021 - 14:55
RACHID ABBAR
Avec la crise liée au Covid-19, les entreprises ont eu recours à l’endettement pour rester à flot. Le crédit bancaire a augmenté de 4,5% à fin décembre 2020. Les impayés, eux, ont explosé pour atteindre les 80 MMDH.
Les banques sont les grandes gagnantes des mesures de secours dites « plan de relance », adopté par le gouvernement en 2020. Le prêt garanti par l'État a été particulièrement prisé des entreprises au cours d’une année particulièrement éprouvante, marquée par une épidémie qui a ravagé plusieurs secteurs dont le tourisme. Le montant des crédits distribués s'élevait à environ 56 milliards de DH selon les chiffres publiés par la Bank Al-Maghreb A fin décembre, l'encours a atteint 958,1 milliards de DH contre 917 milliards en décembre 2019. Soit 41 MMDH de crédit en plus en une année.
En temps normal, ces chiffres paraîtront anodins. Or, c’est tout sauf une années comme les autres. Cette fois-ci, la hausse des crédits bancaires ne peut être considéré comme un indicateur de croissance. Au contraire puisque la grande partie des crédits accordés concerne les produits Oxygène et Relance garantis par la CCG mis en place dans le cadre de la gestion de la crise. Ce sont ces formules qui ont généré les 56 milliards de DH de crédits. Le crédit bancaire classique, lui, a été plombé par la crise. Les entreprises en difficultés ont, presque toutes, reporté leurs projets d’investissement. «Près de 81.1% des entreprises ne prévoient aucun projet d’investissement en 2021», comme l’a d’ailleurs confirmé y a quelques jours, le Haut-Commissariat au Plan (HCP).
Malgré les efforts, les effets de la crise se font durablement sentir. En témoigne le montant des impayés. Les statistiques de Bank Al Maghrib confirment ce que redoutaient déjà les experts des marchés financiers. L'encours des créances en souffrance a atteint les 80 MMDH contre 69,9 MMDH en décembre 2019. Ce qui constitue une hausse de 14,4%. Autrement dit, les impayés se sont alourdies d'un peu plus de 10 MMDH. Si les incidents bancaires des entreprises ont augmenté de 12%, ceux des ménages ont rebondit de 17,9%. Des chiffres alarmants qui ne peuvent que s’aggraver. Plusieurs crédits font désormais l'objet de restructurations ou consolidations et du coup, n'apparaissent pas parmi les impayés. Il en va de même pour les dossiers en pré-contentieux qui alimenteront le stock des impayés dans les prochains mois. Certains banquiers prédisent d’ici peu un taux d'impayé proche des 14% contre 8,3% actuellement. Le "plan de sauvetage" de l’économie nationale, pilotée par le ministre de l’Économie, des finances et de la réforme de l’administration, Mohamed Benchaâboun, permettra-t-il d’atténuer la morosité ambiante ?
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