Société
Les universités sont-elles capables de détecter les PFE réalisés par l’intelligence artificielle ?
10/07/2023 - 11:16
Aya Lankaoui | Morad Karakhi
Le logiciel de Chatbot "ChatGPT", développé par OpenAI, a suscité l'attention mondiale en se diffusant dans tous les aspects de la vie. Sa capacité à générer rapidement des textes et des travaux académiques de qualité soulève des préoccupations quant à son utilisation par les étudiants pour leurs recherches universitaires, y compris les mémoires de fin d'études et les thèses doctorales.
Des universités du monde entier ont signalé l'utilisation de techniques d'intelligence artificielle par leurs étudiants dans leurs recherches. Des étudiants de l'université de Cardiff au Royaume-Uni ont admis avoir rédigé des articles avec l'aide du programme "ChatGPT", affirmant avoir obtenu de bonnes évaluations pour ces articles. Quelles sont donc les mesures prises par les universités marocaines dans ce domaine ?
A cet effet, l'ingénieur logiciel et expert en intelligence artificielle, Ahmed Kachkach, estime dans une déclaration à SNRTnews que les universités marocaines seront confrontées à des difficultés cette année en raison de l'utilisation de l'intelligence artificielle par certains étudiants pour mener leurs recherches.
Kachkach souligne qu'il n'existe actuellement aucune solution technique permettant de vérifier si une recherche ou un texte a été rédigé avec l'intelligence artificielle. Il invite donc les établissements d'enseignement à développer leurs méthodologies d'évaluation du travail et du niveau des étudiants.
Défis et solutions pour lutter contre l'utilisation de l’IA dans les PFE
Pour sa part, le directeur de l'enseignement supérieur et du développement pédagogique au ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation, Mohamed Tahir, a annoncé dans une déclaration à SNRTnews que l'utilisation non autorisée de ressources à des fins de fraude et la violation du principe d'égalité des chances sont soumises aux lois en vigueur, ainsi qu'aux lois sur les cours et les examens des établissements d'enseignement supérieur.
Tahir explique également que l'évolution des technologies, y compris les plateformes et les programmes d'intelligence artificielle, présente des défis pour lutter contre leur utilisation non autorisée. Selon lui, la meilleure solution consiste à développer des méthodes d'évaluation efficaces qui évaluent les compétences analytiques, de composition, de déduction, de pensée critique et d'innovation, plutôt que de simplement présenter et afficher les informations.
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En ce qui concerne les recherches, il est possible pour un enseignant de suivre les efforts fournis par les étudiants en organisant des ateliers de suivi de leur progression. Les technologies peuvent également être utilisées pour détecter les fraudes et déterminer si un texte est le résultat d'un effort personnel ou s'il a été copié d'une autre source.
Par ailleurs, il convient de noter que le ministère de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation a élaboré un plan national visant à accélérer la transformation du système d'enseignement supérieur et de la recherche scientifique. Ce plan prévoit une réforme pédagogique globale à partir de l'année universitaire 2023-2024, en mettant l'accent sur des parcours de formation adaptés aux besoins des secteurs productifs et aux spécificités territoriales.
Pour rappel, en septembre 2023, des changements seront également apportés à l'ingénierie pédagogique des licences et des nouveaux masters, rendant les unités de langues, les compétences personnelles et les compétences transversales obligatoires, selon le ministre de l'Enseignement supérieur, de la recherche scientifique et de l'innovation, Abdelatif Miraoui.
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