Economie
LGV: Quel impact sur l’économie marocaine?
27/04/2025 - 17:23
Matar Bensalmia
Le lancement du chantier de la nouvelle ligne à grande vitesse (LGV) reliant Kénitra à Marrakech, présidé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, marque une nouvelle étape stratégique dans le développement économique et territorial du Maroc.
Ce projet structurant, qui s’inscrit dans la continuité de la première ligne LGV Tanger-Kénitra, est bien plus qu’une simple prouesse technique ou un gain de temps pour les voyageurs: il constitue un catalyseur de croissance économique, de dynamisme régionale et de développement durable.
Réduisant drastiquement les temps de trajet entre les grandes métropoles marocaines, cette nouvelle infrastructure efface en partie les distances et renforce la connectivité entre les territoires. Une transformation profonde que résume l'analyste économique Mohamed Chiguer dans une déclaration à SNRTnews. “Le TGV, c’est la vitesse et la vitesse c’est le temps, c’est la compression du temps/espace. En clair, la contrainte géographique ne pèserait que peu dans la prise de décision. L’investisseur aura plus de choix. L’échange, notamment en termes sportifs, touristiques et culturels, s’intensifierait. Le citoyen lambda se déplacerait aisément”.
Des effets territoriaux puissants et ciblés
L’expérience internationale l’a prouvé. Les lignes à grande vitesse produisent des effets d’entraînement notables autour des gares. Le Maroc n’échappera pas à cette logique. Avec des pôles comme Rabat, Casablanca, Benguerir ou Marrakech connectés à la LGV, de nouvelles opportunités économiques émergeront, notamment par l’aménagement de quartiers d’affaires modernes, de pôles d’échanges multimodaux et la revalorisation des espaces résidentiels et commerciaux environnants.
Contacté par SNRTnews, Driss Abbadi, doyen de la Faculté des sciences juridiques, économiques et sociales de Aïn Sebaâ, explique que “les LGV améliorent la connectivité entre les villes, ce qui peut attirer des entreprises et des investisseurs. On peut mesurer cela par l’augmentation du nombre d’entreprises créées ou du capital investi après l’achèvement d’une ligne”.
Au-delà des effets immédiats, l'implantation de la LGV contribue également à dynamiser l’emploi. Selon Driss Abbadi, “l’analyse des variations de taux de chômage et du nombre d'emplois créés dans les secteurs liés aux services, au commerce et au tourisme permet de comprendre l'impact économique”. La mobilité accrue de la main-d'œuvre, grâce à la réduction des temps de trajet, participe également à cet élan de transformation.
Tourisme
Au-delà des retombées économiques et urbaines, un autre secteur bénéficiera pleinement de la LGV: le tourisme.
La LGV encourage la mobilité touristique tout en participant à une réduction de l’empreinte carbone des déplacements. Driss Abbadi souligne que “l'afflux de touristes peut être analysé par l'augmentation de la fréquentation des hôtels, des restaurants et des attractions touristiques”, et d’ajouter que “l’estimation de la hausse des dépenses touristiques dans les villes desservies par la LGV permet de quantifier l'impact économique direct”.
Cette dynamique profitera également au secteur immobilier. Comme le rappelle Abbadi; “l’impact sur le marché immobilier peut être mesuré par l'augmentation des prix des propriétés dans les zones proches des gares de LGV”, ainsi que par “l’émergence de nouveaux projets urbains autour de ces gares”.
Une vision durable pour un Maroc résilient
Enfin, ce projet s’inscrit pleinement dans la stratégie nationale de décarbonation des mobilités. Ce mode de transport rapide, électrique et respectueux de l’environnement permet de conjuguer développement économique et exigences écologiques.
Pour Driss Abbadi “l'impact économique des lignes à grande vitesse peut varier selon de nombreux facteurs contextuels, tels que la taille des villes, leur situation géographique et leurs caractéristiques socio-économiques”.
Ainsi, au-delà de la performance technologique, la LGV Kénitra-Marrakech s’impose comme un levier puissant pour construire un Maroc plus connecté, plus inclusif et plus durable.
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