Société
Libération de 19 personnes séquestrées près de Kalaât Sraghna: six suspects poursuivis en justice
30/12/2024 - 18:22
Youness Oubaali | Mohammed Fizazi
Les autorités ont récemment secouru 19 personnes souffrant de troubles mentaux et psychologiques, retenues dans une ferme dans les environs de Kalaât Sraghna. Ces patients, transférés à l’hôpital psychiatrique de la ville, avaient été séquestrés dans des conditions alarmantes.
Les familles des 19 patients, principalement des jeunes, se sont rendues à l’hôpital psychiatrique de Kalaât Sraghna, où ces derniers ont été transférés vendredi soir sur ordre du parquet, a déclaré Younes Lakrik, délégué du ministère de la Santé et de la Protection sociale dans la région.
La ferme où ils étaient retenus, située dans la commune de Chaâra (Arrondissement d’El Attaouia), a été perquisitionnée jeudi dernier par la gendarmerie royale, à la suite d’une plainte déposée par la famille de l’un des détenus. Six personnes, dont un infirmier, ont été arrêtées et placées en garde à vue dans le cadre de l’enquête.
Selon M. Lakrik, la majorité des patients souffrent de troubles psychologiques liés à des problèmes de dépendance. Ils provenaient de différentes régions du pays et avaient été conduits dans cette ferme. Après leur libération, ils ont subi un examen médical approfondi effectué par des spécialistes. Parmi eux, cinq nécessitent une hospitalisation prolongée, tandis que les autres pourraient poursuivre leur traitement au sein de leurs familles. Toutefois, le retour auprès des familles ne sera autorisé qu’après une décision judiciaire.
Une affaire judiciaire en cours
Dimanche soir, les six suspects ont été présentés au juge d’instruction de la première chambre de la Cour d’appel de Marrakech. Ils sont poursuivis pour des accusations graves, notamment de traite d’êtres humains, enlèvement, séquestration, exploitation par le travail forcé, et complicité dans ces crimes.
L’enquête a révélé qu’un infirmier, en coordination avec le propriétaire de la ferme, des membres de sa famille et des assistants, percevait des sommes d’argent des familles des patients pour les prendre en charge, un système qui aurait duré près de deux ans avant d’être dénoncé. Les accusations incluent également des actes de torture, des blessures volontaires, et la dissimulation de preuves. Une femme est également poursuivie en liberté pour "non-dénonciation d’un crime".
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