Politique
Maroc-Espagne : des "relations profondes et étroites" selon González Laya
28/04/2021 - 11:06
Ghita IsmailiLa ministre espagnole des Affaires étrangères a répondu mardi, lors de la conférence de presse du conseil des ministres, à une question sur la réaction du Maroc à l’accueil du chef des milices du polisario, Brahim Ghali.
Mardi, la ministre des Affaires étrangères espagnole Arancha González Laya a assuré que l'Espagne a "expliqué très clairement" au Maroc les raisons de son "strict respect de l'engagement humanitaire" pour lesquelles l'hospitalisation sur son territoire du chef du polisario a été autorisée.
Répondant à une question des journalistes, lors de la conférence de presse qui suit le conseil des ministres, la ministre espagnole a affirmé que les relations entre l'Espagne et le Maroc sont "profondes et étroites", tout comme le dialogue à tous les niveaux : "Entre moi et mon homologue (Marocain, NDLR.), entre l'ambassadeur espagnol à Rabat et les autorités marocaines et entre l'ambassadeur marocain et les autorités espagnoles", rapporte l'agence de presse espagnole EFE.
Lors de ces dialogues, la question de Brahim Ghali a été abordée et l’Espagne a expliqué "les raisons liées au strict respect de notre engagement humanitaire", et que "nous sommes en conformité avec la loi, y compris l'obligation de collaborer avec la justice espagnole".
Un "partenaire stratégique"
La ministre espagnole a aussi cité le communiqué du MAE espagnol, dans lequel le Maroc exprimait sa "déception à l’égard de cet acte contraire à l’esprit de partenariat et de bon voisinage, et qui concerne une question fondamentale pour le peuple marocain et ses forces vives". González Laya a ainsi rappelé "les relations bilatérales très profondes et très étroites" de l'Espagne avec un "partenaire stratégique".
Dimanche, le ministère des Affaires étrangères et de la coopération africaine avait officiellement annoncé la convocation de l'ambassadeur espagnol à Rabat pour "exiger de lui les explications nécessaires sur l’attitude de son gouvernement".
Pour le Maroc, l’attitude de l’Espagne "suscite une grande incompréhension et des interrogations légitimes", en l'occurrence : "Pourquoi le dénommé Brahim Ghali a été admis en Espagne en catimini et avec un faux passeport ? Pourquoi l’Espagne a jugé utile de ne pas en aviser le Maroc ? Pourquoi a-t-elle opté pour son admission sous une fausse identité ? Pourquoi la justice espagnole n’a pas encore réagi aux nombreuses plaintes déposées par les victimes ?"
"Faisant l’objet d’un mandat de recherche et d’arrêt pour les attentats qu’il a commis", Brahim Ghali "doit être interpellé immédiatement par les autorités espagnoles", a par ailleurs réclamé dimanche l’Association canarienne des victimes du terrorisme (Acavite) dans un communiqué, condamnant "son entrée illégale" en Espagne.
Le lendemain, des représentants d’associations marocaines en Andalousie ont également demandé à la justice espagnole son arrestation.
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