Economie
Maroc : l’OCDE prévoit une croissance de 5% en 2026 portée par le rebond agricole
03/06/2026 - 19:38
Khaoula Benhaddou
L’économie marocaine devrait poursuivre son accélération en 2026. Dans ses dernières Perspectives économiques, publiées le 3 juin, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) prévoit une croissance de 5% du produit intérieur brut (PIB), après 4,6% en 2025. Une performance qui placerait le Maroc parmi les économies les plus dynamiques de la région, malgré un contexte international marqué par les tensions géopolitiques et la volatilité des marchés énergétiques.
Pour l’OCDE, cette amélioration repose principalement sur deux moteurs : le redressement attendu du secteur agricole et la poursuite des grands projets d’infrastructures engagés par l’État.
Après plusieurs années de sécheresse, les précipitations abondantes enregistrées durant l’hiver devraient permettre une hausse d’environ 15% de la production agricole en 2026. Le retour d’une campagne agricole favorable devrait soutenir les revenus des agriculteurs, améliorer l’emploi en milieu rural et stimuler la consommation des ménages.
L’organisation estime également que cette reprise profitera à plusieurs secteurs connexes, notamment l’agroalimentaire, le transport et le commerce. L’agriculture redeviendrait ainsi un levier central de la croissance marocaine, même si l’OCDE rappelle la forte vulnérabilité du pays aux aléas climatiques et au stress hydrique.
Le rapport insiste d’ailleurs sur la nécessité de poursuivre les investissements dans la gestion de l’eau, les infrastructures d’irrigation et les politiques d’adaptation climatique afin de sécuriser durablement la production agricole.
En parallèle, les investissements publics continuent de soutenir l’activité économique. Les chantiers liés aux infrastructures, aux transports, à l’énergie et aux grands événements internationaux alimentent la dynamique des secteurs du bâtiment, de l’industrie manufacturière et des services.
La demande intérieure devrait également rester solide grâce à une consommation privée soutenue par l’amélioration du pouvoir d’achat et le recul de l’inflation observé en 2025. Les exportations marocaines poursuivraient elles aussi leur progression grâce à la montée en puissance de plusieurs filières industrielles.
Sur le plan budgétaire, l’OCDE prévoit une poursuite de l’assainissement des finances publiques. Le déficit budgétaire, estimé à 3,9% du PIB en 2024 puis à 3,5% en 2025, devrait se stabiliser autour de 3% en 2026 et 2027. Cette évolution serait portée par l’amélioration des recettes fiscales résultant des réformes engagées ces dernières années.
Malgré quelques défis, l’OCDE considère que les perspectives économiques du Maroc restent globalement favorables à moyen terme, à condition de poursuivre les réformes structurelles et de renforcer la résilience du pays face aux chocs climatiques et énergétiques.
Porté par le retour des pluies, la relance de l’investissement et la montée en puissance de ses filières industrielles, le Maroc semble ainsi renouer avec une dynamique de croissance plus robuste.
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