Economie
Maroc–Sénégal: un partenariat économique appelé à changer d’échelle
27/01/2026 - 18:03
Matar Bensalmia | Ayoub MouhyiddineLa relation entre le Maroc et le Sénégal n’est plus à construire, elle est désormais à approfondir et à faire monter en puissance. C’est un message que le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a adressé ce mardi à Casablanca, aux opérateurs économiques des deux pays réunis à l’occasion du Forum économique Maroc–Sénégal.
Prenant la parole en ouverture de cette rencontre, organisée par la CGEM en marge de la 15ème Grande Commission mixte de coopération, le Chef du gouvernement a mis en avant un partenariat d’investissement durable et diversifié, solidement ancré dans le temps.
Pour le chef du gouvernement, cette coopération repose sur une présence marocaine constante au Sénégal, structurée autour de secteurs stratégiques pour les deux économies, notamment la banque et l’assurance, les matériaux de construction, les mines, les intrants agricoles, la santé, la pharmacie, l’immobilier et le BTP. Le Sénégal n’est pas seulement, selon lui, une porte d’entrée vers l’Afrique de l’Ouest, mais un partenaire économique majeur du Royaume sur le continent.
Sur les dix premiers mois de 2025, les échanges commerciaux entre les deux pays ont frôlé les 300 millions de dollars, tandis que les investissements marocains au Sénégal ont dépassé 540 millions de dollars. Une dynamique que le Chef du gouvernement a rattachée à la Vision stratégique de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, grâce à laquelle le Maroc est devenu, en moins de quinze ans, le premier investisseur africain en Afrique de l’Ouest et le second à l’échelle du continent.
Au-delà des flux commerciaux, Aziz Akhannouch a insisté sur l’ambition du Royaume de renforcer l’intégration économique africaine, notamment à travers la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). L’objectif étant de faciliter le commerce, stimuler l’investissement et permettre aux entreprises africaines de produire davantage en Afrique, pour l’Afrique. Dans cette dynamique, le partenariat Maroc–Sénégal est appelé à jouer un rôle moteur, reliant deux pays stables et tournés vers l’action.
Le Chef du gouvernement a également mis en avant les investissements engagés par le Maroc dans ses infrastructures logistiques et portuaires, notamment sur la façade atlantique. La montée en puissance de l’axe vers Dakhla, avec la route express et le futur port de Dakhla Atlantique, conforte selon lui, le positionnement du Royaume comme plateforme régionale dédiée à la logistique, à l’industrie, à l’économie maritime et à l’export.
Dans cette architecture régionale, le Sénégal occupe une place centrale dans la Vision africaine de Sa Majesté le Roi, a souligné Akhannouch, appelant à donner un nouvel élan aux mécanismes de coopération existants, notamment le Groupe d’impulsion économique mis en place en 2015.
Un appel relayé par le président de la CGEM, Chakib Alj, a vu dans ce forum bien plus qu’une simple rencontre d’affaires. Il a insisté sur la nécessité de passer à une nouvelle étape du partenariat économique maroco-sénégalais, en identifiant des projets concrets, innovants et créateurs d’emplois, notamment pour les jeunes. Il a également rappelé la profondeur des liens historiques entre les deux pays et la solidité d’un partenariat économique fondé sur le principe du gagnant-gagnant.
Les échanges commerciaux entre les deux pays ont enregistré une progression notable, avec des exportations marocaines vers le Sénégal ayant dépassé 4 milliards de dirhams en 2024, tandis que les importations marocaines ont atteint près de 600 millions de dirhams. Il a également souligné l’implantation solide des entreprises marocaines au Sénégal, notamment dans les secteurs bancaire, industriel, pharmaceutique, agro-industriel, immobilier et des fertilisants.
Le président de la CGEM a également mis en avant le projet du Gazoduc Africain Atlantique Nigeria–Maroc, qui traversera plusieurs pays africains, dont le Sénégal. Un projet qu’il considère comme une avancée majeure pour le développement et l’intégration régionale, d’autant plus que le Sénégal est désormais producteur de pétrole et de gaz.
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