Politique
Tamni à "Nokta ila Satr": Les élections ne suffisent pas à elles seules pour unifier la gauche
14/07/2026 - 23:53
Youness Oubaali | Mohammed Fizazi
Invitée de l'émission politique "Nokta ila satr" (Point à la ligne) sur la chaîne Al Aoula, Fatima Tamni, députée et membre du bureau politique de la Fédération de la gauche démocratique (FGD), a livré une analyse critique du bilan législatif et gouvernemental actuel, tout en esquissant les perspectives d'unification de la gauche marocaine.
Lors de son passage dans l'émission présentée par Sabah Bendaoud et Abdallah Lachgar sur la chaîne Al Aoula, le mardi 14 juillet 2026, Tamni a souligné que le critère de réussite du travail législatif réside dans l'impact des textes juridiques sur les droits, les libertés et les situations sociales et économiques, et non dans le bilan chiffré présenté à la fin de la législature.
Pour la parlementaire de gauche, l’évaluation de l'action législative ne saurait se réduire à une simple comptabilité du nombre de lois adoptées. "Le véritable baromètre du succès législatif réside dans l’impact réel de ces textes sur le quotidien des citoyens, la garantie des libertés fondamentales et l'amélioration des conditions socio-économiques", a-t-elle martelé.
Fatima Tamni a vivement critiqué l'adoption récente de plusieurs projets de loi qu'elle qualifie de "régressifs", citant notamment le projet de loi sur la grève, les réformes des codes de procédure civile et pénale, ainsi que la loi sur la presse. Selon elle, ces réformes ne répondent en rien aux aspirations populaires.
Par ailleurs, la députée a déploré le déséquilibre des pouvoirs au sein de l'hémicycle, accusant l'exécutif d'avoir réduit sa majorité parlementaire à une simple "machine à voter". Ce fonctionnement a, selon elle, vidé le débat parlementaire de sa substance et altéré la qualité de la production législative. Elle a également dénoncé le rejet systématique par le gouvernement des propositions de loi formulées par l'opposition.
Pouvoir d'achat et investissement : un bilan social contesté
Sur le front économique et social, la représentante de la FGD a pointé du doigt la détérioration continue du pouvoir d'achat des ménages. Elle estime que le gouvernement aurait dû faire preuve de courage politique en intervenant directement pour plafonner les prix, encadrer les marges bénéficiaires et imposer des mesures restrictives aux grandes entreprises afin de juguler l'inflation.
Dressant un bilan sévère des politiques sectorielles, elle a qualifié l'exécutif de "gouvernement de lobbies" plutôt que de "gouvernement de compétences". Elle a notamment affirmé que la nouvelle Charte de l'investissement n'a pas atteint ses objectifs en matière de création d'emplois, sur fond de hausse du chômage. Pour la députée, l'efficacité des politiques publiques doit s’évaluer aux résultats concrets observés dans les secteurs vitaux de l'enseignement et de la santé, et non aux budgets qui leur sont alloués.
L'unification de la gauche : au-delà de l'échéance électorale
Interrogée sur l'avenir de sa famille politique, Fatima Tamni a rappelé que la gauche est avant tout "un projet de société fondé sur la liberté, l'égalité et la justice sociale", et non une simple alliance électorale.
Tout en confirmant sa décision de se porter candidate aux prochaines élections législatives, elle a insisté sur le fait que l’unification des forces de gauche doit reposer sur un socle politique commun et une vision à long terme, plutôt que sur des calculs de circonstance. Elle a conclu en assurant que la Fédération de la gauche démocratique peaufine activement son programme à travers ses commissions mixtes et via une plateforme numérique ouverte aux contributions citoyennes, affirmant que la FGD dispose d'une véritable "alternative politique".
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