Art & Culture
Mona Zaki à SNRTnews: Incarner Oum Kalthoum dans "Al Sett" est un voyage rempli de défis
03/12/2025 - 20:02
Khawla Znaizini | Hamza BAMMOUDans une ville qui sait écouter l’art et ouvrir ses fenêtres sur le cinéma mondial, Marrakech a brillé lors de la première mondiale de "Al Sett", un film qui rouvre la porte d’une époque où une étoile dominait le ciel de l’Orient par sa voix: Oum Kalthoum.
Depuis que Louis Le Prince a fixé en 1888, dans le jardin de Roundhay, l’une des premières images animées de l’histoire, le cinéma tente de dépasser les limites du cadre et de réinventer l’humain, fasciné par la re-création des figures qui ont marqué la mémoire collective.
Rarement, pourtant, les œuvres osent redessiner les traits d’une icône arabe devenue universelle. Avec "Al Sett", le réalisateur Marwan Hamed relève ce pari à travers un biopic ambitieux porté par Mona Zaki, venue au Maroc pour présenter le défi le plus important de sa carrière.
Au micro de SNRTnews, l’actrice égyptienne a exprimé sa joie immense de dévoiler la première mondiale au Festival international du film de Marrakech, qu’elle considère comme l’un des rendez-vous majeurs du cinéma dans le monde arabe. À ses yeux, le choix de Marrakech célèbre un public qui connaît la valeur de l’art arabe classique.
La responsabilité d’incarner une icône
Mona Zaki confie avoir consacré un an et trois mois à l’étude minutieuse de la vie d’Oum Kalthoum : émotions, épreuves, posture scénique, gestes de la main, mouvements du corps en chantant. Un travail intensif pour retrouver ce "rythme intérieur" qui distinguait la performance de la diva.
Le défi majeur, dit-elle, tenait à l’éloignement entre sa propre personnalité et celle de la diva. Il lui a fallu comprendre son âme pour révéler des zones restées dans l’ombre. Car parler d’Oum Kalthoum, ce n’est pas seulement évoquer une artiste: c’est toucher à une mémoire, une conscience, une culture et une empreinte laissée à des générations.
Performance plutôt que ressemblance
Interrogée sur la ressemblance physique, Mona Zaki affirme privilégier la justesse du jeu et la sincérité des émotions au mimétisme. L’enjeu n’est pas la copie conforme, mais la compréhension profonde du personnage et sa restitution dans une vision de cinéma fidèle à sa vérité. Elle précise aussi avoir redouté que des interventions esthétiques n’entravent l’expressivité de son visage et la précision des traits incarnés.
Le film retrace le parcours d’Oum Kalthoum, de son enfance dans un village près d’Al Mansourah autour de 1904 à son installation au Caire en 1923, où, aux côtés des plus grands compositeurs, elle affine un talent qui la propulse vers une carrière exceptionnelle.
Réalisé par Marwan Hamed sur un scénario d’Ahmed Mourad, "Al Sett" reprend l’un des surnoms les plus répandus de la chanteuse, aux côtés de "Kawkab Al Sharq" (l’Étoile de l’Orient) et "Sahibat Al Issma" (la Dame immaculée).
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