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Mondial 2022: Pourquoi l'Afrique roule toujours au ralenti ?
25/11/2022 - 17:50
Nassim El Kerf
Le Sénégal, la Tunisie, le Maroc, le Cameroun et le Ghana. Cinq qualifiés et cinq équipes africaines qui ont toutes un point commun après la première journée du Mondial: elles sont toutes passées à côté de la victoire. En revanche, l'Asie et ses représentants carburent en ce début de compétition avec notamment deux surprises de taille.
Il y'a quelques années, les spécialistes du football et autres bookmakers n'hésitaient pas à parier sur la nation africaine la plus en forme pour être la surprise de la compétition. En 2022, à l'occasion du Mondial au Qatar, cette donne n'existe officiellement plus. Et s'il y'avait encore des doutes sur les progrès réalisés par le football asiatique lors des 20 dernières années, ces doutes ont été effacés par deux exploits; le miracle de l'Arabie saoudite de Hervé Renard, qui a fait tomber l'Argentine de Messi (2-1) et l'exploit des Japonais tombeurs de l'Allemagne.
La Corée du sud, n'a pas non plus cédé face à l'Uruguay et le poids de l'histoire du double champion du monde. Malgré les efforts de Luis Suarez, Fede Valverde, Nunez et Cavani, les Coréens se sont battus et ont même manqué l'occasion de gagner (0-0). L'Iran, l'autre représentant du continent jaune s'est par contre écroulé face à des Anglais redoutables (6-2), alors que le Qatar, pays hôte s'est incliné face à l'Equateur en match d'ouverture de ce Mondial.
Une débâcle africaine?
Avec un bilan de 7 points sur 15 possibles lors de la première journée, l'Asie valide la moyenne et poursuivra la compétition tête haute, puisque les Iraniens ont bien battu le pays de Galles (0-2) lors du match d'ouverture de la deuxième journée pour relancer tout le suspense au sein du groupe B.
En revanche, l'Afrique et ses représentants se doivent de réagir pour redorer le blason du continent. Le Sénégal, champion d'Afrique qui joue sa survie actuellement face au Qatar (qui mène 3-1 jusqu'à l'écriture de cet article ndlr) a manqué son entrée en lice face aux Pays-Bas (0-2) pour lancer la débâcle africaine. A l'exception du Maroc et de la Tunisie qui ont décroché deux points de deux matchs nuls face à la Croatie et le Danemark respectivement, les trois autres représentants africains ont manqué le coche.
Le Ghana, s'est naïvement incliné contre le Portugal (3-2) de Cristiano Ronaldo. Alors qu'ils avaient réussi à égaliser quelques minutes après l'ouverture du score des Portugais, les Ghanéens enchaîneront les erreurs d'inattention pour encaisser deux buts coup sur coup, avant d'inscrire un deuxième but et manquer l'égalisation au bout du temps additionnel. Ces deux buts marqués par les Black stars lors de la première journée du Mondial, seront les seuls au compteurs puisque quelques heures plus tôt, le Cameroun a perdu 1-0 face à la Suisse.
Un défaut de formation ou conséquence de post-formation ?
Le point commun entre ces nations asiatiques qui ont crée l'exploit, c'est que la majorité de leurs joueurs ont brillé, ou brillent localement. Leurs championnats locaux sont relevés et comptent dans leurs rangs des joueurs internationaux, qui jouent au plus haut niveau avec leurs sélections. Ces mêmes joueurs, sont ensuite suivis de près par des clubs dans des championnats plus "huppés" et répondent aux sirènes du haut niveau, où ils préfèrent rester dans un championnat comme celui de l'Arabie saoudite avec des salaires astronomiques pour les meilleurs d'entre eux.
A titre d'exemple, la sélection saoudienne, tombeuse de l'Argentine, est une sélection composée de joueurs formés localement et qui évoluent ensemble depuis plusieurs années. Ce qui crée une symbiose, une entente et une touche qui facilite le travail de tout entraîneur. C'est le même cas en Corée du sud, où les meilleurs éléments sont formés localement, passent par les meilleurs clubs de leur championnat avant de rejoindre l'Europe ensuite. Le cas s'applique pour le Japon et l'Iran également qui ont des championnats très compétitifs.
En Afrique, c'est l'inverse et c'est la seule différence qu'on a réussi à trouver dans notre analyse. Le plus grand défi pour tout sélectionneur est de faire parler le même langage face à des joueurs venus de différents horizons et formés par différentes écoles européennes. Quand un équilibre est trouvé, la magie opère. Mais la post-formation, qui est le championnat local, souffre énormément de cette 'fuite des talents".
Les meilleurs éléments de la Botola, du championnat sénégalais, camerounais, tunisien, nigérian ou ghanéen filent très jeunes vers l'Europe ou vers le Golfe à la recherche d'une stabilité financière d'abord, sans prendre le temps d'apporter une réelle valeur ajoutée à leurs championnats respectifs. L'Egypte est une exception, où les joueurs vivent un vrai professionnalisme dans le système footballistique avec des salaires au niveau, en plus d'une protection sociale, qui leur permet de refuser les offres des pays voisins sauf si ces dernières valent véritablement le coup.
Mais que faut-il faire pour profiter des talents formés localement, tout en tirant le meilleur des binationaux dont l'apport est indéniable en sélection et leur patriotisme n'est point débattable? La formule et le secret n'est autre que l'instauration d'un processus claire de formation et d'un système de méritocratie dès qu'il s'agit d'équipe nationale, pour éviter de voir des scènes douloureuses pour l'Afrique, comme celui où Breel Embolo, le natif de Yaoundé marque le seul but du match Suisse-Cameroun... contre son pays natal.
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