Société
Omicron serait-il annonciateur de la fin de l’épidémie?
15/12/2021 - 12:19
Khaoula Benhaddou
Entre espoir et inquiétude, les scientifiques surveillent depuis quelques semaines la propagation du nouveau variant Omicron. Selon les spécialistes, cette nouvelle souche serait très contagieuse mais moins agressive que le Delta. A force de muter, le coronavirus s’est-il affaibli ? Omicron pourrait-il mettre fin à l’épidémie? Peut-on voir le bout de tunnel? Réponses
Depuis sa détection en novembre, les scientifiques se penchent sur le nouveau variant pour percer ses mystères.
Selon les spécialistes, ce nouveau variant est certes plus contagieux mais moins virulent que les autres souches. Les personnes contaminées présentent des symptômes simples comme la fatigue, fièvre et toux.
Se basant sur les premières observations de l’Association des médecins sud-africains, l’infectiologue Yves Van Laethem a souligné que les personnes qui ont contracté l’omicron ne souffrent pas de formes graves. Mieux encore, "ce nouveau variant se caractérise par une virulence plus basse que le variant Delta et une contagiosité plus élevée qui permettrait d’éradiquer la maladie… ou la transformer en une maladie bénigne".
Moins de virulence... moins de décès !
Certes des milliers de cas sont enregistrés quotidiennement en Afrique du Sud et dans plusieurs pays mais les cas critiques et les décès sont minimes. A ce jour, seul un cas de décès a été déclaré au Royaume uni.
Pour Jaafar Heikel, il faut éviter se tirer des conclusions rapides. "Avec la Covid-19 et particulièrement ses variants, nous allons connaître des cycles épidémiques particuliers. On peut avoir, soit une grande transmissibilité, soit des situations de cas plus graves d’hospitalisation ou de réanimations ou encore une échappée immunitaire, c’est-à-dire une réduction de la protection des vaccins ou des anciennes infections", explique le spécialiste qui confirme la non disponibilité de données suffisantes sur la gravité de l’Omicron.
Le virus s’est-il affaibli?
Par rapport à cette question, Jaafar Heikel répond avec prudence. "Selon les anciennes théories, plus un variant devient transmissible au fur et à mesure du temps, moins il est grave, je pense qu’il faut rester prudent, observer ce qui va se passer dans les jours à venir et faire de la surveillance épidémiologique". Avant d’ajouter: "Nous n’avons pas de données suffisantes sur ce variant, je rappelle que le variant Beta était très fréquent en Afrique du sud mais n’a pas envahi le monde. Nous avons également connu la même chose avec le Gamma au Brésil. Il a fallu que le Delta arrive pour qu’il soit prédominant dans le monde. On ne sait pas ce qui va se passer avec l’Omicron dans les jours à venir", avertit Heikel.
Pour se protéger, le scientifique appelle à la prudence et surtout à la vaccination. "La vaccination et les mesures barrières continent à être promues. Il est possible que la vaccination perde de son efficacité en terme de réduction de la transmissibilité, mais elle reste à un niveau acceptable de protection contre les formes graves, les formes de réanimations ou de soin intensif", souligne Jaafar Heikel avant de conclure: "pour faire face à la propagation du virus, il faut dépister au maximum, traiter, respecter les mesures barrières et maintenir la stratégie vaccinale. Est-ce que l’Omicron va réduire de sa pathogénicité et de sa virulence au fur et à mesure qu’il circule dans le monde? C’est un point d’interrogation. En général, il faut attendre après l’arrivée d’un premier variant environ 3 mois pour savoir s'il sera prédominant et s’il va donner lieu à des cas plus graves", estime-t-il.
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