Economie
Perspectives économiques: les prévisions de la Banque mondiale pour le Maroc
11/01/2023 - 15:40
Mohammed Fizazi
La Banque mondiale a publié, ce mercredi 11 janvier, son dernier rapport sur les perspectives économiques mondiales. Elle y prévoit un fort ralentissement de la croissance au Maroc et au monde, pour la deuxième année consécutive.
Selon le rapport, l'économie de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) a enregistré une croissance de 5,7% en 2022, ce qui est son taux le plus élevé en 10 ans. Les pays exportateurs de pétrole et de gaz ont profité de l'augmentation des prix et de la production. Cette amélioration est également due à la reprise en cours dans le secteur des services après les perturbations causées par la pandémie. Toutefois, la région reste confrontée à des conditions économiques et des tendances de croissance très variables, des niveaux élevés de pauvreté et de chômage dans de nombreux pays, une faible progression de la productivité, des vulnérabilités élevées et des contextes politiques et sociaux fragiles.
Perspective de croissance revue à la baisse pour le Maroc
Par contre La hausse de l'inflation et le resserrement des conditions financières ont affecté négativement l'économie des importateurs nets de pétrole, tels que l'Egypte et le Maroc, dont la croissance a considérablement ralenti au cours du premier semestre de l'année dernière. En glissement annuel, la hausse des prix à la consommation a atteint des taux à deux chiffres dans de nombreux pays qui ont subi une dépréciation importante de leur taux de change et une forte augmentation du prix des denrées alimentaires et de l'énergie.
La Banque mondiale prévoit que la croissance économique au Maroc devrait s'accélérer pour atteindre 3,5% en 2023 (moins que les prévisions antérieures) et 3,7% en 2024. Le secteur agricole devrait se remettre progressivement de la sécheresse de l'année dernière. Les dépenses publiques devraient compenser en partie la faiblesse de la consommation des ménages due à l'inflation élevée.
Les perspectives de croissance pour la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA) restent exposées à des risques de dégradation. Des retombées d'un ralentissement encore plus marqué de l'activité chez les principaux partenaires commerciaux, un durcissement des conditions financières mondiales, une augmentation des risques liés au climat, une montée des tensions sociales et une instabilité politique sont autant de facteurs qui peuvent entraîner de nouvelles contractions économiques et une hausse de la pauvreté. Une détérioration des conditions financières ou économiques mondiales et nationales pourrait également causer une crise dans les économies qui présentent des déséquilibres macroéconomiques importants, indique le document.
Ralentissement de la croissance mondiale
La Banque mondiale prévoit que le taux de croissance économique mondial va ralentir à 1,7% en 2023, ce qui représente le troisième taux le plus bas en presque trente ans, après les récessions mondiales de 2009 et 2020. le document indique que ce ralentissement est en partie dû au resserrement des politiques budgétaires et monétaires destinées à maîtriser l'inflation élevée. La croissance de l'économie mondiale devrait être de 2,7% en 2024, selon le même document.
Tout événement défavorable, comme une aggravation de l'inflation, une politique économique plus rigoureuse ou des tensions financières pourrait entraîner une récession économique mondiale. La Banque mondiale souligne qu'il est donc urgent d'agir pour réduire les risques de récession mondiale et de surendettement. Les responsables publics devront veiller à orienter toute mesure de soutien budgétaire vers les groupes vulnérables, à maintenir l'ancrage des anticipations d'inflation et à préserver la résilience des systèmes financiers.
Les prévisions ont été revues à la baisse pour 95% des économies avancées et près de 70% des économies émergentes et en développement. Les perspectives sont sombres pour les années à venir.
L'institution prévoit qu'en moyenne, la croissance du revenu par habitant dans ces économies sera de 2,8% pour les deux prochaines années, soit un point de pourcentage de moins que la moyenne enregistrée sur la période 2010-2019. En Afrique subsaharienne, qui abrite environ 60% des personnes vivant dans l'extrême pauvreté dans le monde, la progression du revenu par habitant pour les années 2023-2024 ne devrait être que de 1,2% en moyenne, ce qui risque de causer une augmentation de la pauvreté.
Par ailleurs, la croissance des économies avancées devrait chuter de 2,5% en 2022 à 0,5% en 2023. Ces deux dernières décennies, des ralentissements de cette ampleur étaient annonciateurs d'une récession mondiale. Aux Etats-Unis, la croissance devrait être de 0,5% en 2023. Cette performance serait la plus faible enregistrée depuis 1970, en dehors des épisodes officiels de récession. En 2023, la croissance de la zone euro devrait être nulle, ce qui correspond à une révision à la baisse de 1,9 point de pourcentage. La Chine, quant à elle, devrait enregistrer une progression de 4,3% en 2023, soit 0,9 point de moins que les prévisions précédentes.
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