Economie
Pourquoi les prix de la viande rouge maintiennent leur tendance haussière?
09/03/2026 - 15:43
Morad KarakhiLes tarifs de la viande rouge, particulièrement ovine, continuent d'enregistrer des sommets sur les marchés nationaux en ce mois de Ramadan. Cette situation interpelle les consommateurs alors que le gouvernement a multiplié les interventions pour stabiliser l'offre.
Malgré les récentes précipitations ayant reverdi les pâturages et laissé présager une campagne agricole favorable, les prix restent élevés. Ce maintien s'explique par la contraction du cheptel national et le renchérissement des coûts de production.
Pour rappel, l'Exécutif a reconduit la suspension des droits de douane et de la TVA sur l'importation de bétail. Parallèlement, un soutien direct a été alloué aux éleveurs pour l'achat d'aliments de bétail et la préservation des femelles reproductrices, afin de reconstituer un cheptel lourdement impacté par les années de sécheresse.
La viande ovine sous pression
Le Secrétaire général de l'Union nationale des commerçants de viande rouge au détail, Ahmed Taha Chiheb, précise que le marché propose actuellement trois catégories de viande bovine. Interrogé par SNRTnews, il indique que les prix oscillent entre 80 DH/kg pour la viande importée du Brésil et 95 DH/kg pour celle de l'Uruguay. La viande locale, dite "Beldi", se négocie quant à elle entre 110 et 120 DH/kg.
Le segment ovin subit une pression plus forte, avec des prix dépassant désormais les 130 DH/kg. Selon Mohamed Benjelloun, président de la Fédération marocaine du secteur de l'élevage, cette envolée spécifique à l'agneau s'explique par un effet d'opportunité : l'amélioration des pâturages incite les éleveurs à conserver leurs bêtes pour l'Aïd Al-Adha, réduisant ainsi l'offre immédiate sur les étals.
Le Brésil, premier fournisseur du Royaume
Le secteur bovin parvient à une relative stabilité grâce aux flux d'importation. Selon les données communiquées à SNRTnews, le Brésil assure désormais plus de 80 % des importations de bovins vivants du Maroc, devant l'Uruguay.
Si l'offre brésilienne est abondante, les importateurs font face à des défis logistiques majeurs. La rareté des navires spécialisés dans le transport de bétail tire les coûts de fret vers le haut, ajoutant entre 1 et 1,5 dollar par kilogramme vif. À ce jour, après une première tranche de 150.000 têtes importées jusqu'en août dernier, le gouvernement a ouvert un nouveau quota de 150.000 têtes supplémentaires pour saturer le marché.
Un impact différé des précipitations
Sur l'impact des pluies, M. Benjelloun explique que l'amélioration des pâturages favorisera la reconstitution du cheptel national à l'avenir, mais ce processus nécessite du temps avant de se répercuter directement sur les prix.
Le cheptel national a subi une forte érosion ces dernières années en raison de la succession des périodes de sécheresse et de la hausse des prix des aliments de bétail, ce qui a fragilisé de nombreux éleveurs, poussant certains à réduire leur activité ou à liquider une partie de leur bétail.
Pour les jours à venir, l'équilibre du marché reste tributaire de l'amélioration de la production nationale et de la poursuite des mesures de soutien et d'importation, alors que les consommateurs attendent un essoufflement de cette tendance inflationniste.
Articles en relations
Economie
Société
Economie
Société