Société
Préscolaire: Les éducateurs en grève, quelles sont leurs revendications?
07/04/2026 - 21:17
Youness Oubaali
Les éducateurs et éducatrices de l’enseignement préscolaire ont organisé, ce mardi 7 avril 2026, un sit-in devant le siège du Parlement à Rabat. Cette action s'inscrit dans le cadre d'une grève nationale globale qui se poursuivra ce mercredi, à l’appel de la Coordination nationale du secteur.
Cette catégorie d'enseignants, qui a déjà manifesté à plusieurs reprises devant l’institution législative ainsi qu'au niveau régional et local, réitère des revendications jugées légitimes, comme l'ont confié des intervenants à SNRTnews.
Les manifestants dénoncent des "dysfonctionnements structurels" affectant leur situation professionnelle, notamment le maintien du système de gestion déléguée via des associations et des fondations intermédiaires. Selon eux, ce modèle génère une instabilité d'emploi et une précarité salariale, avec des rémunérations parfois inférieures au SMIG.
Ils pointent également du doigt des atteintes à leurs droits sociaux, tels que le défaut de déclaration à la CNSS, les retards de paiement des salaires, ainsi que l'absence d'un cadre juridique clair définissant leurs missions et leurs droits.
L'intégration directe dans la fonction publique arrive en tête des revendications. Pour les protestataires, il s'agit du levier fondamental pour garantir la dignité professionnelle et la stabilité sociale de cette catégorie.
Dans ce contexte, Ahmed Yahda, coordinateur provincial de la Commission nationale de l'enseignement préscolaire à Larache, a affirmé que cette mobilisation vise à réclamer une intégration immédiate, soulignant que les enseignants vivent dans des "conditions déplorables qui ne reflètent pas l'importance des missions éducatives qui leur sont confiées".
Selon le même porte-parole, et conformément aux slogans scandés lors du sit-in, certaines associations n'ont aucun lien réel avec le secteur et sous-estiment leur rôle alors qu'elles "hypothèquent l'avenir des enfants". Il a insisté sur la nécessité d'une intervention du ministère pour rompre tout lien avec ces structures qui ne respectent pas leurs engagements envers les éducateurs, notamment concernant les délais de versement des salaires.
De son côté, Souad Zahidi, représentante du bureau provincial des enseignants du préscolaire de la région Fès-Meknès, a relevé l'absence d'un statut fondamental clair, ce qui se traduit par une surcharge de responsabilités sans définition précise des tâches et des droits.
Au-delà des salaires et des conditions de travail, les revendications portent sur la protection sociale et la retraite. Certains slogans indiquent que des enseignants atteignent l'âge de la retraite sans la garantie d'une pension décente, celle-ci ne dépassant parfois pas les 600 dirhams.
Parallèlement à la grève, la Coordination nationale a annoncé un programme d'escalade incluant le boycott de plusieurs activités jugées hors de leur compétence éducative, telles que les « journées portes ouvertes », les programmes de "santé et bien-être de l’enfant", l’"éducation parentale" ainsi que les formations numériques. Le boycott concerne également l'inventaire des équipements, l'utilisation de plateformes numériques comme "Massar", l'envoi de données via les groupes WhatsApp et le relevé des présences et absences sur les applications numériques.
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