Politique
Projet de loi de finances 2026: La majorité parlementaire appelle à accélérer la mise en œuvre des réformes
28/10/2025 - 18:04
Youness Oubaali | Meriem Khaer
Les partis de la majorité ont demandé au gouvernement de corriger plusieurs dysfonctionnements et d’accélérer le rythme d’exécution des réformes, lors de la discussion du projet de loi de finances pour l’année 2026 à la chambre des Représentants ce mardi 28 octobre 2025.
Ahmed Touizi, président du groupe Parlementaire Authenticité et Modernité, a affirmé que la loi de finances 2026 constitue "une étape pour évaluer ce qui a été accompli et identifier ce qui ne l’a pas été, afin d’en déterminer les causes et de prendre les mesures nécessaires pour y remédier".
Il a insisté sur la nécessité de développer les mécanismes d’investissement public pour assurer la création d’emplois et dépasser la faible efficacité des investissements dans certaines régions.
Touizi a appelé à accélérer le chantier de la numérisation, notamment pour mieux encadrer les cliniques privées et surveiller leurs modes de fonctionnement, tout en soulignant l’importance de doter les centres ruraux des ressources suffisantes dans les domaines de l’eau, de l’assainissement liquide et des infrastructures de base.
Concernant les subventions, il a dénoncé les "dysfonctionnements graves" dans la distribution de la farine subventionnée, soulignant que "certaines entreprises ne font que broyer du papier et épuisent un soutien s’élevant à 16 milliards de dirhams, sans aucun contrôle réel de leurs activités". Il a appelé le gouvernement à prendre des mesures dissuasives strictes.
Il a ajouté que "la farine destinée aux pauvres est impropre à la consommation", estimant que ces problèmes doivent trouver une solution, soit dans ce gouvernement ou dans le prochain.
Touizi a insisté sur la nécessité de réorienter les aides directes vers les catégories éligibles via le Registre Social Unifié, déclarant: "Il faut donner aux citoyens 500 dirhams ou plus pour acheter le sucre et la farine à leur prix réel, car aujourd’hui, des milliards de dirhams profitent davantage aux riches qu’aux pauvres".
Il a par ailleurs critiqué la communication gouvernementale jugée insuffisante, pointant la contradiction entre "un Maroc avancé dans les infrastructures, les aéroports, l’industrie aéronautique, automobile, l’hydrogène et les énergies renouvelables" et "un Maroc souffrant de grandes disparités territoriales et sociales".
De son côté, Allal Amraoui, le président du groupe Istiqlalien de l’unité et l’égalitarisme, a demandé que le gouvernement intègre comme priorités dans le projet de loi de finances 2026 le principe d'une répartition équitable des investissements, observant que "certaines régions monopolisent les grands projets", ce qui contredit le principe d’égalité des chances.
Il a appelé à une nouvelle génération de politiques publiques basées sur la planification préalable, les études de faisabilité, et le ciblage précis des catégories et régions, avec une évaluation des politiques sur le terrain.
Il a souligné que la justice territoriale passe par le renforcement des infrastructures locales et la création d’emplois pour les jeunes dans les régions.
Il a également noté la persistance de la "domination" de l’administration centrale sur certains secteurs, et que la régionalisation avancée reste "hésitante" quant à l’application des compétences des régions.
Amraoui a indiqué que le projet de loi de finances 2026 inclut des mesures pour corriger plusieurs dysfonctionnements, mais que "la carte sanitaire n’a pas encore vu le jour", alors que certaines cliniques privées attirent des compétences sanitaires malgré la création de groupements territoriaux de santé.
Il a aussi appelé à renforcer les efforts dans le domaine de l’éducation, rappelant que la généralisation des écoles d’excellence "n’est pas chose aisée" et nécessite des ressources supplémentaires et une planification rigoureuse.
Mohamed Chouki, président du groupe Rassemblement National des Indépendants, a insisté sur la nécessité pour le gouvernement de poursuivre et d’accélérer la mise en œuvre de son programme de lutte contre le chômage, notamment en augmentant les budgets alloués au monde rural à travers les provinces et régions.
Il a assuré que l’allocation de 20 milliards de dirhams pour cet objectif est un montant ambitieux qui doit être exécuté avec efficacité et transparence.
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