Economie
Relance touristique: le Maroc attire de nouveaux pays émetteurs
20/06/2023 - 13:03
Aya Lankaoui
Le Maroc connaît une croissance touristique significative. À fin mai 2023, 5,1 millions d'arrivées touristiques ont été enregistrées. Cette croissance touristique est soutenue par plusieurs marchés émetteurs majeurs, dont l'Espagne qui affiche une croissance respective de 46%. Quels sont les nouveaux pays émetteurs de touristes? Comment le Maroc s'adapte pour répondre aux besoins et préférences des touristes issus de ces pays émergents?
À fin mai 2023, le Maroc a enregistré une croissance record de 55%, comparé à 2019. Contacté par SNRTnews, le trésorier, membre de l’Observatoire du tourisme et président des voyagistes de Rabat-Salé-Kénitra, Othmane Ibn Ghazala, a déclaré que depuis les cinq dernières années, le Maroc connait un regain de notoriété à travers le monde. Cette dernière a été certes largement décuplée après la Coupe du monde, et ce, grâce à la prestation sportive de l’équipe nationale. Cependant, il est important de garder à l'esprit que ce phénomène remonte bien avant. Cette montée en notoriété, favorisée par le digital et le fait indéniable que notre destination soit hautement instagrammable, a naturellement attiré de nouveaux marchés émetteurs de touristes.
"Ces touristes, indépendants et très connectés viennent de deux types de marchés, notamment les pays développés non habituées du Maroc et à fort potentiel d’émission de touristes, à savoir les États-Unis, le Canada, la Chine, l’Inde, la Turquie, la Russie, le Brésil, les pays Scandinaves, les pays d’Europe centrale et de l’est", souligne-t-il. Ajouter à cela, " les pays en voie de développement qui comptent une niche de leur population à fort pouvoir possédant tous comptes faits les mêmes habitudes de consommation que les pays de la première catégorie mais dans des volumes bien moindres", ajoute-t-il.
En effet, les taux de croissance qu’affichent ces pays, qui semblent impressionnants sont dus aux chiffres de référence des années précédentes qui sont quasi insignifiants. "Si nous accueillions 4.000 Indiens en 2018 et que nous en avons accueilli 12.000 en 2019, le taux de progression à trois chiffres sera impressionnant, mais la valeurs absolue de 8.000 touristes supplémentaires est insignifiante par rapport aux millions de touristes qui visitent le Royaume", explique-t-il.
Dans le même ordre d’idées, M. Ibn Ghazala a souligné que les touristes en provenance de ces pays tous réunis n’arrivent pas à la cheville des pays émetteurs de touristes tel que l’Espagne, qui affiche une croissance respective de 46%, mais qu’ils représentent une opportunité intéressante pour des acteurs privés souhaitant développer une niche à fort potentiel.
Lire aussi: Tourisme mondial: le Maroc se démarque
Renforcer les liens avec ces nouveaux marchés
Par ailleurs, le membre de l'Observatoire du tourisme affirme que l’Observatoire peut jouer un rôle significatif dans le développement de ces nouveaux segments, contribuant ainsi de manière très positive à la notoriété du Maroc et à la visibilité internationale de la "Destination Maroc".
Ce rôle consiste notamment à communiquer sur les données du tourisme marocain, à apporter plus de transparence au secteur et à fournir une grille de lecture permettant aux investisseurs de s'intéresser davantage au Maroc. De plus, cela permet à tous les acteurs du tourisme de considérer le Maroc comme une destination pour leurs clients avec plus de sérénité et de confiance.
A cet égard, notre interlocuteur rappelle que le Maroc bénéficie de l'effet surprise. "Les touristes sont agréablement surpris car ils ne savaient pas à quoi s'attendre, voire ils s'attendaient à quelque chose de moins bien". Cela démontre que le Maroc a encore des progrès à faire en termes de "branding" de la destination, ainsi de promouvoir et de positionner efficacement son image auprès des voyageurs.
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