Politique
Rentrée politique au Maroc: enjeux de la réforme et pari des élections
31/08/2025 - 12:04
Morad Karakhi
L’opinion publique nationale attend le lancement de la rentrée politique au Maroc, une étape cruciale pour réajuster les priorités gouvernementales et législatives, et anticiper les grands dossiers à l’ordre du jour national.
Cette rentrée s’inscrit dans un contexte particulier, marqué par des défis économiques et sociaux croissants, ainsi que par l’impératif de réformer des systèmes majeurs, notamment le système de retraite, l’achèvement de la mise en œuvre de la couverture sociale, en plus de plusieurs projets de loi encore en suspens au Parlement sans oublier que cette année précède les élections prévues pour 2026.
Ainsi, le gouvernement est confronté à d’importants défis: répondre aux attentes sociales urgentes, principalement la cherté de la vie, le chômage et la rareté de l’eau, tout en préservant les équilibres financiers imposés par la loi de finances de l’année prochaine, comme souligné dans sa note de présentation.
Sur le plan législatif, le débat devrait être relancé autour de plusieurs projets de loi, parmi lesquels le Code pénal, le Code de la famille et le Code de procédure civile, après que la Cour constitutionnelle ait jugé que certaines de ses articles étaient inconstitutionnels.
On s’attend également à une nouvelle dynamique partisane et parlementaire cette rentrée, que ce soit à travers les séances mensuelles de questions au chef du gouvernement, ou encore via les propositions de lois et initiatives de contrôle que l’opposition et la majorité présenteront au sein des débats.
Temps du bilan
Le politologue et professeur de droit public à l’Université Mohammed V de Rabat, Abdelhafid Adaminou, estime que la rentrée politique de cette année revêt un caractère exceptionnel puisqu’elle clôt la législature du gouvernement actuel.
Dans une déclaration à SNRTnews, Adaminou précise que le gouvernement présentera, au cours de cette session législative, le dernier projet de loi de finances de son mandat. Ce texte devrait permettre d’achever la mise en œuvre des programmes annoncés dans le cadre de son programme gouvernemental, servant ainsi d’indicateur de la capacité du gouvernement à tenir ses engagements.
Le politologue affirme que la mise en place de la couverture sociale, lancée par SM Roi, demeure un axe central de cette rentrée politique. Le gouvernement a déjà commencé à mettre en œuvre les mesures liées à cette réforme, avec un accent particulier sur la question des retraites. La question actuelle est la suivante: le gouvernement parviendra-t-il à finaliser la réforme du système de retraite durant la dernière année de son mandat?
La révision du Code de la famille figure également parmi les dossiers susceptibles d’être présentés au cours de cette législature, s’ajoutant à la liste des priorités de la rentrée politique.
D’autres dossiers urgents se profilent, notamment le chômage, dans un contexte de taux élevé, la hausse continue du coût des produits de base, ainsi que la gestion de la rareté de l’eau.
Élections à l’horizon
Adaminou souligne qu’un autre dossier majeur est la discussion des lois électorales. Le gouvernement est tenu, au cours de cette session, de faire aboutir les textes législatifs régissant le processus électoral, après que les partis politiques ont soumis leurs propositions. Ce dossier constitue une question centrale pour l’ensemble des formations politiques.
Il ajoute que ce débat occupera une large place dans l’agenda gouvernemental et parlementaire, notamment si des désaccords persistent sur le mode de scrutin, la promotion de la participation des femmes et des jeunes, ou encore l’animation de la vie politique.
Une rentrée politique chargée
Selon l’analyste, cette période est marquée par un agenda dense, tant par la nature des dossiers que par le volume des textes légaux que le gouvernement et le Parlement doivent faire adopter. Ceci influence directement les relations entre les deux institutions, nécessitant une gouvernance efficace du temps politique et parlementaire.
Enfin, cette phase devrait connaître une montée des tensions entre gouvernement et opposition, cette dernière voyant une opportunité de juger la loyauté du gouvernement envers ses engagements. Le contexte électoral pourrait également affecter l’unité au sein du gouvernement et entre les ministères, en vue d’achever les engagements du programme gouvernemental.
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