Société
Rentrée scolaire: comment apprivoiser le mal de la reprise?
19/08/2025 - 16:11
Matar Bensalmia
Chaque mois de septembre, les enfants, encore imprégnés de la douceur estivale, traînent des pieds à l’idée de reprendre le chemin de l’école.
Moins de liberté, des réveils matinaux, la fin des journées sans horaires… autant de bouleversements qui peuvent peser sur le moral. Un phénomène courant, que certains qualifient de "blues de la rentrée". Il touche aussi bien les adultes reprenant le travail que les élèves retrouvant leurs salles de classe.
Contacté par SNRTnews, le pédopsychiatre Bouchaib Kerroumi se veut toutefois rassurant. “La reprise met fin à une période de vacances qui, souvent, dure deux mois. Les enfants subissent un changement brusque de rythme de sommeil, de sorties, d’habitudes quotidiennes, et les premiers jours sont toujours un peu difficiles. Mais très vite, en une petite semaine, les choses s’apaisent”, explique-t-il.
Selon lui, la clé réside dans la réadaptation progressive. “Les enfants découvrent qu’ils retrouvent leurs camarades, leur école, et avec cela tous les petits plaisirs liés à la scolarité. C’est une transition passagère, pas un phénomène inquiétant”.
Et si la rentrée cachait un mal-être plus profond?
Toutefois, si la difficulté d’adaptation est normale, certains cas méritent une attention particulière. “Lorsque l’école représente une source de stress importante à cause, par exemple, de l’intimidation entre élèves ou d’une peur excessive de l’enseignant, le malaise peut être plus profond”, souligne Dr Kerroumi. Dans ce cas, les signes sont plus marqués: troubles du sommeil et de l’appétit, angoisse persistante, refus d’aller en classe…
À l’école, les enseignants jouent aussi un rôle important dans l’accompagnement des élèves. “Un enfant qui reste en retrait, qui participe peu, qui semble isolé ou qui ne partage pas ses souvenirs de vacances peut cacher un vrai mal-être. Il est alors essentiel que les professeurs en discutent avec les parents afin d’identifier l’origine du problème”, insiste-t-il.
Les parents, premiers alliés de leurs enfants
Pour atténuer ce choc de la reprise, la préparation en amont s’avère cruciale. “L’idéal est que, dès la dernière semaine de vacances, les parents réajustent progressivement le rythme de leurs enfants: coucher et réveil aux horaires scolaires, repas à heures fixes, mais aussi remise en route de certaines activités scolaires comme la lecture ou la préparation du cartable”, conseille Dr Kerroumi.
Mais au-delà de l’organisation, l’accompagnement affectif reste primordial. Il est important de faire de la rentrée un moment partagé, en impliquant les enfants dans le choix des fournitures, la préparations des affaires, et aussi en discutant avec eux de leurs attentes ainsi que de leurs craintes. Cela permet d’instaurer un climat rassurant.
Si le mal de la reprise est presque inévitable, il reste bénin dans la grande majorité des cas. En revanche, il est essentiel de prêter attention aux signaux d’alerte, pour que l’école continue d’être un lieu d’épanouissement et non une source de souffrance.
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