Economie
Safran: les producteurs veulent en finir avec les années de sécheresse
25/04/2026 - 18:59
Mustapha Azougah | Hamza BAMMOULes producteurs de safran au Maroc espèrent des conditions climatiques favorables durant l’été, afin d’augmenter la production et dépasser les niveaux enregistrés au cours des années de sécheresse.
Le directeur commercial du groupement d’intérêt économique « Dar Zaâfran », basé dans la région de Taliouine, Ismaïl Boukhriss, affirme que les précipitations enregistrées dans les zones de production du safran ravivent les espoirs des agriculteurs et des professionnels de réaliser une récolte qui leur fera oublier les répercussions des années de sécheresse.
Il précise que la production a reculé d’environ 50 % en raison de la sécheresse, indiquant qu’elle s’est établie, lors de la dernière campagne, entre 4 et 5 millions, alors que les prévisions tablaient sur 7 millions de tonnes.
Il exprime également l’espoir que la récolte, prévue lors de la saison de cueillette en octobre et novembre, soit à la hauteur des attentes des agriculteurs, après les importantes précipitations enregistrées cette saison. Toutefois, le volume de la production reste tributaire des conditions climatiques estivales.
Il explique que de fortes pluies, parfois observées dans les zones de production, suivies d’une hausse des températures à des niveaux records, peuvent avoir un impact négatif sur la récolte de safran.
Il souligne que les prix du safran ont oscillé, après la dernière production, entre 25 et 30 dirhams le gramme, dans un contexte de faiblesse de l’offre et de mesures de protection mises en place par l’État face aux importations de safran.
Dans ce cadre, le Maroc a relevé, via la loi de finances 2025, les droits de douane sur les importations de safran de 30 à 40 %, avant de les porter à 60 % dans la loi de finances 2026, afin de protéger le produit local contre la concurrence déloyale liée aux importations.
Cette mesure se justifie par la volonté de préserver le safran de Taliouine en tant que produit local distinctif, notamment face à la pratique consistant parfois à re-commercialiser du safran importé en le présentant comme un produit marocain.
Le Maroc est le quatrième producteur mondial de safran. La culture de cette épice revêt une importance socio-économique majeure, en raison de son rôle dans la valorisation des territoires de production et des revenus complémentaires qu’elle génère pour les populations rurales. Les régions de Souss-Massa (57 %) et de Drâa-Tafilalet (43 %) figurent parmi les principales zones de production de safran au Maroc.
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