Economie
SIAM: Pari sur une hausse de la production de viande après des années de sécheresse
21/04/2026 - 13:26
Mustapha Azougah | Fahd MerrounLe Maroc mise sur l’augmentation de l’offre en viande et en lait en réhabilitant les filières de production animale pour en accroître la productivité, qui a reculé après plusieurs années successives de sécheresse, ce qui a contribué à une hausse des prix à des niveaux record.
Le ministre de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, a réaffirmé, lors d’une conférence de haut niveau à Meknès, les moyens de reconstituer le cheptel au Maroc après les dommages subis en raison des années successives de sécheresse.
Il a insisté, lors de la conférence tenue le mardi 21 avril 2026 à Meknès sous le thème "La production animale et la transformation des systèmes alimentaires", en marge de la 18e édition du Salon International de l’Agriculture au Maroc (SIAM), sur l’orientation vers la reconstitution du cheptel à travers un programme axé sur le soutien aux aliments pour bétail et la préservation des femelles.
Il a indiqué que la stratégie du ministère repose sur plusieurs piliers: le renforcement de la production fourragère, le renforcement de la sécurité sanitaire animale, la priorité donnée à l’augmentation de la production de viande et de lait, l’amélioration des races bovines destinées à la production de viande, le développement de la filière d’élevage des camelins, la mise à niveau des circuits de commercialisation, des abattoirs, de la chaîne du froid et du transport, ainsi que le soutien à la formation et à la recherche scientifique.
Le ministre a rappelé les résultats du recensement effectué l’année dernière, qui a dénombré 33 millions de têtes d’ovins, de caprins, de camelins et de bovins, permettant une production annuelle de 530.000 tonnes de viande et de 2 milliards de litres de lait.
Il a ajouté que la filière avicole fournit 784.000 tonnes de viande blanche et 6,5 milliards d’œufs.
Il a souligné l’importance de la production animale, qui contribue à hauteur d’environ 35% au PIB agricole, représente près de 135 millions de journées de travail par an, et assure un revenu à plus de 1,2 million d’éleveurs.
Le ministère prévoit que l’importance de ce secteur s’accroîtra dans les années à venir, sous l’effet de la croissance démographique, de l’extension des villes et de l’évolution des modes de consommation, qui entraîneront une demande accrue de produits animaux.
Par ailleurs, l’émergence des classes moyennes s’accompagne d’une demande croissante en qualité, en régularité d’approvisionnement, en sécurité sanitaire, en traçabilité et en diversité des produits.
Dans une note de présentation de la conférence, le ministère a affirmé que la transformation des systèmes alimentaires intervient sous la pression de la sécheresse, qui a affaibli l’ensemble du dispositif.
Et de souligner que la sécheresse n’est plus une conjoncture passagère, mais est devenue une contrainte structurelle qui impacte le fourrage, les pâturages, la reproduction et la production. Le recul des ressources en eau a également complexifié la situation, notamment avec la concurrence des usages et la hausse des besoins en abreuvement du cheptel.
À cela s’ajoute l’augmentation du coût des aliments pour bétail et de l’énergie, sous l’effet de la volatilité des marchés internationaux et des tensions géopolitiques, ce qui fait de la rentabilité une préoccupation quotidienne pour un grand nombre d’éleveurs.
Le document attire l’attention sur la fragilité du tissu productif et considère que le secteur dépend, pour une part importante, des petits et moyens éleveurs, souvent liés aux pâturages et aux systèmes agricoles locaux, et qui restent les plus exposés aux aléas climatiques et à la volatilité des prix.
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