Politique
Sahara marocain: Retour sur la propagande perdue du Polisario, soutenu par l'Algérie
31/07/2021 - 19:00
Lina Ibriz
"La fantaisie est un perpétuel printemps", écrivait Friedrich Von Schiller. Néanmoins, il paraît que pour la fantaisie algérienne d’un Sahara non marocain, l’automne est survenu il y a bien longtemps, et la dernière feuille est déjà tombée. Après des mois de propagande hostile au Maroc, voici "les faux espoirs" qui s’écroulent. Khalid Chiat, professeur en relations internationales à l’Université Mohammed Premier d’Oujda, et le professeur de droit public à l’Université Ibn Tofail de Kenitra et expert en relations internationales, Rachid Lazrak, décortiquent les discours mensongers perpétués depuis des mois par le front du Polisario, soutenu par l’Algérie.
Pour les Etats-Unis d’Amérique (EUA), la marocanité du Sahara n’est plus question de débat. La position de la puissance mondiale et membre influent du Conseil de sécurité est donc réaffirmée à chaque occasion, dont la toute dernière fut la rencontre organisée le 28 juillet 2021 entre le ministre des Affaires étrangères marocain, Nasser Bourita, et le Secrétaire d’Etat adjoint US par intérim pour le Proche-Orient, Joey Hood qui a confirmé encore une fois que la position de son pays reste inchangée.
Déjà en octobre 2020, une série de tweets publiés par l’ex-président américain Donald Trump annonçant sa décision de reconnaitre la souveraineté du Royaume du Maroc sur le Sahara avait servi de coup fort qui effrita tous les efforts vains des adversaires du Royaume. La symbolique de la proclamation faite par le président américain Joe Biden, suite à son élection, fut encore plus forte.
Tout de même, un décret présidentiel, une lettre adressée au Président du Conseil de sécurité et au Secrétaire général de l’ONU ainsi qu’un document officiel attestant la position inchangée de l’administration américaine et distribué aux Etats membres de l’organisation internationale ne firent pas taire les adversaires du Maroc. Naturellement, pour gérer le choc, ces derniers n’ont trouvé refuge que dans leurs mensonges, la propagande anti-marocaine ne fut point plus acharnée.
Au-delà d’un simple "deal"
La première réaction du Polisario, soutenu par l’Algérie, fut d’illustrer la reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara comme étant une contrepartie de la normalisation des relations avec Israël. Tout au contraire, "la position américaine est une position naturelle dont les motifs sont ancrés dans l’histoire des EUA et dans les principes de l’administration démocratique américaine. Cette position se base sur deux fondements: le premier étant les principes que prônent et défendent les EUA, qui sont des principes démocratiques suprêmes axés autour des droits des peuples et de l’intégralité territoriale des nations, il est donc tout à fait naturel qu’ils soutiennent la cause nationale marocaine qui est une cause juste et légitime. Le deuxième fondement consiste en la protection et la promotion des intérêts géopolitiques et économiques des EUA. Bien évidemment, le Maroc constitue un allié et un partenaire clé des EUA", explique le professeur Chiat.
Par ailleurs, "il a été prouvé que les rumeurs que véhiculaient le Polisario et l’Algérie qui essayaient de montrer que la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur le Sahara est la contrepartie d’une concession consistant à la normalisation des relations avec Israël, sont des théories infondées qui ne reflètent guère la réalité des choses", affirme le professeur Chiat. Et d’ajouter :"En accueillant le chef du bureau politique du Hamas, le Maroc a démontré qu’il maintient toujours de bonnes relations avec le Hamas (…) surtout que ce fut une rencontre officielle et non pas uniquement une simple activité partisane".
La position des EUA reflète celle de la communauté internationale
En ce qui concerne les allégations disant que la position américaine contrevient au consensus international, l’expert en relations internationales, le professeur Rachid Lazrak, a rappelé que "parmi les parties impliquées dans le différend du Sahara, le Maroc est le seul à proposer un projet réel et une solution durable qui jouit de la reconnaissance internationale. La proposition marocaine garantit l’intégralité territoriale du Royaume tout en permettant à la communauté sahraouie le droit à l’autodétermination et à l’autonomie pour s’autogérer démocratiquement. La proclamation américaine ne fait qu’appuyer cette proposition, qu’elle qualifie de "sérieuse", "crédible", "réaliste". Au sein de l’ONU, c’est la proposition marocaine qui est discutée et reconnue. Les autre parties ne présentent aucune solution alternative".
"Le Maroc a toujours défendu sa cause nationale et la légitimité de cette cause devant toutes les instances internationales. En outre, il a toujours respecté le droit international et les résolutions de l’ONU et du Conseil de sécurité, et a cherché à trouver une solution juste et durable afin de maintenir la paix dans la région", explique le professeur Chiat en insistant que" les Etats qui soutiennent encore le Polisario ont d’autres agendas et ne défendent que leurs propres intérêts en faisant perpétuer le conflit du Sahara. Ceux qui prétendent que la position américaine est en contravention au droit international devraient plutôt revoir leurs politiques nationales et se concentrer sur les contraventions qu’ils commettent sur leur propre territoire."
Une décision pour le développement et la stabilité dans la région
Dans ce même sens, le professeur Lazrak, souligne que la position américaine a plusieurs dimensions relevant d’une vision stratégique globale pour le développement de la région. "La reconnaissance américaine de la marocanité du Sahara est également une reconnaissance des efforts du Royaume et de ses réalisations au niveau du développement. C’est aussi une reconnaissance du Maroc comme étant un Etat territorial et une puissance régionale. Pour le Maroc, c’est une occasion pour trancher sur ce dossier qui l’a épuisé pendant plus que 40 ans. Il est temps pour annoncer le début d’une nouvelle ère, non pas seulement pour le Maroc, mais également pour les autres Etats africains parmi lesquels le Maroc constitue une puissance économique émergente", explique l’expert.
Une autre dimension importante est mise en exergue par le professeur Chiat qui rappelle qu’"une donnée clé qu’il ne faut pas négliger, et qui justifie également la décision des EUA de soutenir la cause nationale du Sahara, est la transition énergétique qui s’impose en force. L’énergie renouvelable est l’avenir, et pour les EUA, les relations avec le Maroc présentent énormément de potentiel, car le Maroc joue un rôle de premier rang dans ce domaine".
"Un pari perdu..."
Selon le professeur universitaire, Khalid Chiat, "l’Algérie a essayé de saisir l’occasion de l’élection d’un nouveau président des Etats-Unis afin de lancer un campagne de propagande contre le Royaume du Maroc. Bien évidemment, elle a financé des tierces parties afin de soutenir sa thèse fondée sur de faux espoirs et une espérance irréaliste que les Etats-Unis révoqueraient leur reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara".
D’un autre côté, la campagne de propagation aurait constitué une tentative désespérée visant à raviver les sentiments d’engagement et de motiver et encourager les adhérents du Polisario, notamment en les persuadant que tout n’est pas perdu. "Nous trouvons actuellement au sein du Polisario une génération de vieux leaders qui s’opposent au changement, mais qui ont en quelque sorte perdu espoir, et une génération de jeunes inexpérimentés et impulsifs qui sont prêts à passer à la violence pour faire prévaloir leur cause. Parmi ces jeunes, la conviction de pouvoir réussir le projet auxquels ils aspirent et réaliser le rêve qui leur a été vendu s’affaiblit de plus en plus. Plusieurs commencent à se désengager, et donc cette stratégie basée sur la propagande pourrait servir à amener à nouveau ces personnes aux rangs du Polisario et réitérer leur engagement envers la soit disant cause", détaille Khalid Chiat.
Le pari serait le même pour le régime algérien, selon Rachid Lazrak. "Le régime algérien est un régime qui a perdu sa légitimité aux yeux de son peuple. Le pari pour ce régime était donc de créer l’illusion d’un danger externe pour justifier ses échecs sociaux et politiques et regagner un peu de légitimité. De ce fait, une transition démocratique en Algérie mettra définitivement fin à ce litige qui a duré trop longtemps. Une transition démocratique en Algérie fera prévaloir la volonté du peuple algérien qui aspire à la stabilité et au développement économique et social. Même les jeunes qui adhèrent aujourd’hui au front du Polisario commencent à se comparer aux jeunes marocains sahraouies qui profitent de grandes opportunités de développement et jouissent de meilleures conditions de vie".
"Il est désolant de voir une nation gaspiller sa richesse pour soutenir et financer une organisation terroriste au lieu d'investir pour son propre développement, c'est un pari perdu", conclut le professeur Chiat.
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