Politique
Salma Benaziz: le discours de crédibilité, clé du renforcement de la participation politique des jeunes Marocains du monde
09/04/2026 - 12:30
Ouiam Faraj | Mohammed ChafiÀ quelques mois des élections, deux questions s'imposent : comment reconquérir les jeunes, de plus en plus distants de la vie politique, et quel discours adopter pour les inciter à voter ou à se porter candidats ? À cela s'ajoute l'enjeu d'associer les Marocains résidant à l'étranger à cette dynamique.
Dans cet entretien, la députée du Rassemblement national des indépendants (RNI) et présidente de la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques, de la migration et des Marocains résidant à l’étranger à la Chambre des représentants, Salma Benaziz, revient sur son parcours politique et sa vision des moyens de stimuler la participation des jeunes Marocains du monde aux élections. Elle expose également sa conception du discours politique capable de convaincre les jeunes de s’engager dans la vie politique.
De la famille et de l’université au parti
Salma Benaziz évoque les débuts de son intérêt pour l’action politique, indiquant que le déclic est né au sein de sa famille, à travers des discussions autour des questions publiques, avant de se structurer au cours de ses études supérieures.
Dans un entretien accordé à SNRTnews, elle explique que sa confrontation aux contraintes vécues par les étudiants l’a poussée à formuler des critiques et à proposer des alternatives. Cela l’a conduite à représenter les doctorants au sein du conseil de la faculté, où sa conscience politique et militante a commencé à se forger.
Elle souligne que cette expérience lui a permis de comprendre la différence entre la critique extérieure et la participation au sein des institutions. Elle rejoint ensuite le RNI après une période d’hésitation et de réflexion. Elle ajoute que son parcours politique, jusqu’à son élection à la Chambre des représentants et à sa présidence de la Commission des affaires étrangères, a été jalonné de défis et a nécessité persévérance et confiance en soi, estimant que la politique “ne s’obtient pas facilement”.
Le pari de l’implication des Marocains du monde
Concernant la mobilisation des jeunes Marocains du monde pour les inciter à participer aux élections, Salma Benaziz indique que son parti s’appuie sur ce qu’il appelle la “la 13e région”, qui regroupe des compétences marocaines établies à l’étranger, traduisant, selon elle, une conviction quant à la nécessité d’impliquer ces talents.
Dans le cadre de ses fonctions parlementaires, elle affirme rencontrer régulièrement des jeunes et des compétences marocaines à l’étranger, estimant qu’ils représentent non seulement une extension démographique, mais aussi un capital culturel, intellectuel et historique. Elle considère que le principal défi réside dans la transformation de cet attachement affectif au pays en un engagement institutionnel concret, à travers la participation à la gestion des affaires publiques.
Elle insiste sur le fait que les partis politiques doivent valoriser ce lien à travers un discours inclusif, clair et simple, tenant compte des spécificités des Marocains du monde, tout en mettant en place des mécanismes concrets pour encourager le transfert de leurs compétences et leur participation à la vie politique au Maroc.
Discours de crédibilité et restauration de la confiance
Par ailleurs, la présidente de la Commission des affaires étrangères, de la défense nationale, des affaires islamiques, de la migration et des MRE estime que le discours politique doit être sincère et capable de convaincre les jeunes. Elle considère que la jeunesse marocaine est consciente et informée, ce qui impose un discours clair, proche de ses réalités et répondant à ses préoccupations concrètes.
Dans le même esprit, elle appelle à responsabiliser les jeunes, précisant que l’ouverture des partis politiques ne suffit pas à elle seule, mais que les jeunes doivent s’impliquer activement dans l’action politique.
Elle estime que l’abstention électorale et le désengagement politique ne constituent pas une solution, affirmant que “le changement passe par des regroupements de jeunes organisés au sein des partis, capables d’influencer la décision et de porter le changement”.
Salma Benaziz conclut que la pratique politique demeure un facteur déterminant dans la formation des jeunes générations, appelant les jeunes à passer du rôle de spectateur à celui d’acteur au sein des institutions.
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