Art & Culture
Sami Yusuf à SNRTnews : La musique spirituelle est une forme de guérison
08/06/2026 - 12:19
Khawla Znaizini | Ayoub MouhyiddineL’artiste international Sami Yusuf a renoué avec la ville de Fès et son prestigieux Festival des musiques sacrées du monde à travers deux soirées empreintes de spiritualité et de méditation.
Devant le public de Bab Al Makina, il a proposé un voyage musical à travers différentes traditions, du patrimoine soufi d’Asie du Sud aux musiques persane, turque et azerbaïdjanaise, dans une expérience mêlant cultures et expressions spirituelles diverses.
Lors des troisième et quatrième soirées de la 29e édition du festival, l’espace de Bab Al Makina s’est transformé en une véritable carte musicale et spirituelle, où se croisaient voix, langues et traditions.
Le premier spectacle a réuni Sami Yusuf aux côtés de plusieurs artistes et musiciens issus d’horizons variés, parmi lesquels la chanteuse marocaine Nabila Maan, Ismaïl Boujia et son groupe, ainsi que l’artiste chinois Guo Gan, maître de l’erhu.
Ensemble, ils ont proposé une création inspirée des traditions musicales du monde, qui ont, au fil des siècles, cherché un horizon commun fondé sur la beauté, la sagesse et l’élévation spirituelle.
Dans un entretien accordé à SNRTnews, Sami Yusuf a évoqué son lien avec la ville de Fès, affirmant que son amour pour la cité est ancien et profond. Selon lui, la civilisation et la spiritualité semblent gravées dans ses pierres, ses ruelles et son architecture.
L’artiste a également révélé être aujourd’hui plus sélectif dans ses choix artistiques, expliquant qu’il ne participe qu’aux projets en accord avec ses convictions et ses aspirations profondes. Il a souligné que le Festival de Fès figure parmi les rares événements auxquels il est particulièrement attaché et auxquels il souhaite un avenir prospère.
Sami Yusuf est revenu sur la participation de son groupe Fonsofia Collective, l’orchestre qu’il a fondé et qui réunit des musiciens de cultures diverses autour d’une même foi en la beauté et en le langage universel de la musique. Il a indiqué avoir interprété lors de ces soirées des œuvres bien connues de son public, ainsi que plusieurs morceaux de son nouvel album, "Al Wajd", un projet qui lui a demandé dix années de travail.
L’artiste a précisé que cet album est né au Maroc, plus précisément à Meknès, où il a séjourné pendant un mois et commencé à élaborer le projet avant de poursuivre son développement au niveau de la composition et des arrangements musicaux.
Abordant la question de la musique spirituelle, Sami Yusuf a insisté sur le fait qu’elle constitue une forme de thérapie et de paix intérieure. Il a notamment évoqué les bîmâristâns (mâristân) du Maroc, d’Andalousie et de l’Empire ottoman, où la musique était utilisée comme moyen de traitement psychologique et spirituel.
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