Société
Une lycéenne marocaine parmi les lauréats du concours spatial "Madak" organisé par l’Agence Spatiale Saoudienne
13/10/2025 - 11:08
Mohammed Fizazi | Halima Aamir
L’Agence spatiale saoudienne a annoncé, mardi, les dix lauréats du concours arabe "Madak", organisé dans les domaines des arts, de l’agriculture et de l’ingénierie. Parmi eux figure la Marocaine Houria Bachaikh, élève en première année du baccalauréat, filière sciences expérimentales. Elle a été distinguée dans la catégorie agriculture pour son projet novateur sur la culture de plantes en environnement spatial à faible teneur en oxygène.
Sélectionnée en 2024 parmi des milliers de candidats issus du monde entier, Houria Bachaikh a intégré le programme international "Madak" visant à encourager les jeunes talents arabes à explorer les sciences spatiales. Son projet s’inscrit dans le cadre d’une recherche expérimentale simulant la culture de végétaux dans des conditions proches de celles rencontrées dans l’espace ou sur la Lune.
Selon Mouloud Bachaikh, père de la lauréate et président de l’association "Hadaya Assamae pour les météorites", "Houria a participé à cette expérience avec pour objectif de tester la capacité des plantes à s’adapter à un environnement spatial où l’oxygène est limité. Elle a travaillé avec rigueur et passion, et les résultats obtenus ont dépassé toutes les attentes."
Il explique que l’un des axes du programme de la NASA et des agences partenaires est de préparer la culture de plantes dans des conditions de microgravité, une étape essentielle avant d’expérimenter ce processus sur la surface lunaire. "Le but est de comprendre comment nourrir durablement les équipages dans l’espace et d’assurer leur autonomie alimentaire à long terme", précise-t-il.
Une reconnaissance nationale et internationale
Pour célébrer cette réussite, la Société marocaine des sciences spatiales (MASES) a organisé à Agadir une cérémonie en l’honneur de la jeune lauréate. L’événement a réuni plusieurs scientifiques et passionnés d’astronomie, en présence de Dorothy Metcalf-Lindenburger, astronaute américaine et ancienne membre de la NASA.
Le président de la MASES, Ismail El Omari, architecte et astronaute analogique marocain, a salué l’exploit de la lycéenne et a souligné l’importance de la biologie spatiale dans les missions habitées de longue durée: "Le domaine de la biologie spatiale est vital pour la réussite des futures missions lunaires et martiennes. Le programme Artemis de la NASA ambitionne d’établir une base permanente sur la Lune. Dans ce cadre, la production d’aliments sur place, au sein de laboratoires hydroponiques, devient essentielle — non seulement pour la survie des astronautes, mais aussi pour leur bien-être psychologique."
Et d'ajouter: "Durant ma mission, mon moment de plaisir quotidien était celui où j’arrosais les petites plantes que nous étudiions. Ce lien entre l’humain et la nature reste indéfectible, que ce soit sur Terre, sur la Lune ou sur Mars."
Originaire de Smara, dans les provinces du Sud, Houria Bachaikh a grandi dans une famille passionnée par l’astronomie et la collecte de météorites. "Depuis son enfance, elle s’intéresse à tout ce qui touche à l’espace. Elle a grandi dans un environnement où la curiosité scientifique et l’observation du ciel font partie du quotidien », témoigne son père".
Cette passion, nourrie au sein d’une région considérée comme un haut lieu de la recherche sur les météorites, a conduit la jeune élève à imaginer un projet ambitieux intitulé "Jardins de l’espace", qui vise à développer une agriculture durable sur la Lune.
"Houria rêve de participer un jour à une mission spatiale et de contribuer à l’autonomie alimentaire des astronautes. Son parcours montre que la jeunesse marocaine a toute sa place dans la recherche spatiale internationale", conclut Ismail El Omari.
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