Société
Virus Nipah: Une menace rare mais redoutée par les experts
29/01/2026 - 17:02
Khaoula Benhaddou
Peu connu du grand public, le virus Nipah figure pourtant parmi les agents infectieux les plus surveillés au monde. Classé par l’Organisation mondiale de la la santé (OMS) parmi les maladies prioritaires à fort potentiel épidémique, il inquiète les spécialistes en raison de sa forte létalité et de son potentiel pandémique. Identifié récemment chez des patients en Inde, ce virus suscite de nouvelles inquiétudes et rappelle, pour certains experts, la nécessité de rester vigilants face aux maladies émergentes. Quels sont ses symptômes ? Comment se transmet-il ? Quid du Maroc ? Éléments de réponse
Depuis quelques jours, le virus Nipah identifié en Inde suscite l’inquiétude des spécialistes et rappelle l’épisode du Covi-19.
Contacté par SNRTnews, le Dr Tayeb Hamdi, médecin et chercheur en politiques et systèmes de santé, insiste d’emblée sur la gravité de ce virus. "Le Nipah est un virus grave, avec un taux de létalité estimé entre 40 et 75 %. Cela signifie que sur cinq personnes infectées, deux à quatre peuvent en mourir, selon la qualité de la prise en charge médicale. Si la prise en charge est précoce, la létalité sera moins importante que dans un pays où l’accès aux soins est tardif ou difficile", explique-t-il.
Des séquelles neurologiques lourdes
Au-delà du risque de décès, le virus peut laisser des séquelles irréversibles. Environ une personne sur cinq infectée garde des atteintes neurologiques durables.
"C’est un virus qui touche le système nerveux et provoque des encéphalites, mais il peut aussi atteindre l’appareil respiratoire. Les survivants peuvent garder des handicaps à vie", précise Dr Hamdi.
Un virus émergent sous haute surveillance
Identifié pour la première fois en 1999 en Malaisie, le virus Nipah a depuis provoqué plusieurs flambées épidémiques, principalement en Asie du Sud et du Sud-Est, notamment en Malaisie, au Bangladesh, en Inde et à Singapour.
"c'est un nouveau virus qui a une capacité de transmission élevée. Il est classé par l'OMS, parmi les 10 maladies prioritaires à fort risque. C'est un virus qui est pandémogène qui peut provoquer de grandes épidémies ou de pandémies. Donc il faut tout faire pour le tuer dans l'œuf, c'est-à-dire prévenir sa propagation" insiste Dr Hamdi
Comment se transmet -il ?
Originaire des chauves-souris frugivores, le virus se propage indirectement via des fruits contaminés par leurs excréments. Les humains l'attrapent en consommant ces fruits souillés. Les chauves-souris infectent aussi des animaux comme les porcs ou le bétail domestique, transmettant la maladie par contact ou consommation de produits contaminés – viandes, liquides ou sécrétions. Pire, une transmission interhumaine est confirmée, bien que limitée à des contacts intimes et prolongés, comme au sein d'une famille ou chez les soignants hospitaliers sans précautions adéquates.
Des symptômes qui évoluent rapidement
Les symptômes débutent discrètement : fièvre, douleurs musculaires évoquant une grippe banale. "la gravité de ce virus c’est que la personne peut souffrir de symptômes simples comme la fièvre et des douleurs musculaires comme une grippe puis surgissent des vertiges, des problèmes neurologiques, d'équilibre et puis c'est une encéphalite, le coma. La personne peut également avoir des signes respiratoires avec une détresse respiratoire et donc ça peut être mortel.
Quel risque pour le Maroc ?
À court terme, le risque pour le Maroc reste faible. "il n’y a pas de risque spécifique ou immédiat pour le Maroc. Mais nous faisons partie d’un monde interconnecté. Le véritable danger réside dans la capacité potentielle du virus à muter et à devenir plus facilement transmissible entre humains. Dans ce cas, le risque concernerait tous les pays", rassure Dr Hamdi.
Pas de vaccin, ni traitement spécifique
À ce jour, il n’existe ni vaccin ni traitement antiviral spécifique contre le virus Nipah. La prise en charge est uniquement symptomatique et repose sur les soins intensifs pour les cas graves.
La prévention reste donc essentielle, "il faut éviter la consommation de fruits potentiellement contaminés, renforcer la surveillance sanitaire des élevages, isoler les animaux malades appliquer strictement les mesures de protection dans les hôpitaux" explique Dr Hamdi qui rappelle que la vigilance internationale est cruciale: " Il faut contenir ce virus à la source et empêcher sa propagation. La meilleure arme reste la prévention et la surveillance épidémiologique", conclut-t-il.
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