Société
Aïcha Ech-Channa: portrait d'une humaniste marocaine
25/09/2022 - 13:54
Mohammed Fizazi
Feue Aïcha Ech-Channa s'est éteinte, ce dimanche 25 septembre à l'âge de 81 ans, à l'hôpital Cheikh Khalifa Bin Zayed, à Casablanca. La défunte avait été admise à l'hôpital après des complications de santé, mais elle est décédée, malgré toutes les tentatives de traitement. Surnommée "Mère Courage" ou "la Mère Teresa" marocaine, feue Ech-Channa avait mené, au cours de sa vie, un long combat en faveur des femmes et des enfants abandonnés.
Feue Aïcha Ech-Channa est née le 14 août 1941 à Casablanca. A l'âge de 4 ans, elle perd son père, décédé de tuberculose en 1945. Après des études en infirmerie, elle travaille en tant qu’animatrice d’éducation sanitaire et sociale. C’est ainsi qu’elle découvre la terrible réalité des femmes célibataires et des enfants nés hors mariage au Maroc.
Son militantisme commence en 1985, Lorsqu'elle fonde l’Association Solidarité Féminine, afin de défendre le droit des catégories précités. En 1996, elle publie, aux Editions Le Fennec, son livre "Miseria", qui a profondément marqué l'opinion publique marocaine. Il s'agit d'un recueil qui met la lumière sur les femmes malmenées, violées ou les enfants abandonnés.
Un an auparavant, en 1995, elle avait reçu le Prix des Droits de l’Homme de la République Française à Paris en 1995 pour son association. En 1998, elle obtient le prix Grand Atlas, puis la médaille d’honneur décernée par SM le Roi Mohamed VI en 2000. Elle obtient le prix Elisabeth Norgall en 2005, puis la consécration, avec le Prix Opus en 2009, remis avec un chèque de 1 million de dollars.
En 2013, son association publie un recueil de témoignages des mères célibataires et de leurs enfants, intitulé "A Hautes Voix", qui fait suite à "Miseria".
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