Economie
M. Baraka au MAP Town Hall: Le Maroc, sous l’impulsion de SM le Roi, a fait de sa politique des barrages un véritable pilier de souveraineté
03/06/2026 - 18:44
MAP
Le Maroc, sous l’impulsion de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a fait de sa politique des barrages, un véritable pilier de sa souveraineté hydrique avec à la clé un important patrimoine hydrique, a affirmé, mercredi à Rabat, le ministre de l’Equipement et de l’Eau, Nizar Baraka.
Avec 156 grands barrages à fin 2026, une capacité de 20,8 milliards de M3 et un total de 14 ouvrages en cours de construction, le Royaume a développé, grâce à la Vision Proactive de SM le Roi, une expertise nationale de haut niveau dans les domaines de l’ingénierie hydraulique, des études techniques, du génie civil et de la gestion des infrastructures hydriques, a indiqué M. Baraka lors de la 2e édition du MAP Town Hall, organisée sous le thème "La Vision Royale de l’eau: Socle de souveraineté hydrique et d’équité territoriale".
En effet, ces actifs hydriques jouent un rôle primordial en termes de résilience hydrique en faveur des territoires et de la population, tout en garantissant une gestion efficace et rationnelle de la demande pour les années à venir, a rappelé le ministre, faisant savoir que pas moins de 8 grands barrages ont été construits entre 2021 et 2026.
A la faveur de la pluviométrie enregistrée cette année et des structures hydrauliques mises en place par le Royaume sous la Conduite éclairée du Souverain, "nous disposons, en moyenne, de 2 années au minimum de sécurité en matière d'eau potable et d'eau d'irrigation sur l'ensemble du territoire national", a -t-il expliqué.
De surcroît, la politique des petits barrages vient, quant à elle, renforcer cette résilience hydrique, a ajouté M. Baraka, indiquant que son département a établi, avec le ministère de l'Intérieur, un programme de réalisation de 155 petits barrages d'ici fin 2028 avec notamment pour ambition d’assurer l'accès à l'eau pour la population du milieu rural, et surtout de sécuriser l'alimentation des nappes souterraines et garantir des réserves stratégiques pour les générations futures.
Conformément à la Vision Royale, la politique des barrages, ainsi que la gouvernance par bassin hydraulique, le dessalement, la réutilisation des eaux usées et l’adaptation au changement climatique, sont autant d’atouts qui forment le mix hydrique dont jouit le Maroc avec pour but d'assurer sa sécurité hydrique pour les années à venir.
En matière d’eaux non conventionnelles, le Maroc prévoit de couvrir ses besoins en eau potable grâce au dessalement de l’eau de mer à hauteur de 60% à l’horizon 2030, a précisé le ministre
De même, et à la faveur des différentes interconnexions entre bassins et des autoroutes de l’eau, le Maroc construit progressivement une véritable solidarité nationale de l’eau, s’est-il félicité, notant que cette denrée vitale s’érige en un puissant levier de justice territoriale. "Ces autoroutes de l’eau vont permettre d’assurer la sécurité hydrique des grands pôles urbains et des centres et localités rurales liés", a-t-il soutenu.
Pour sa part, Mohammed Benahmed, expert international en développement territorial, a affirmé que le Maroc gère l'un des patrimoines hydriques les plus importants à l’échelle du Continent africain, nécessitant un pilotage sur le long terme, à travers une évaluation de la performance des actifs, une programmation budgétaire pluriannuelle de la maintenance, ainsi qu’une gouvernance efficace des barrages.
De l’avis de M. Benahmed, la préservation d'un patrimoine hydrique d’une telle envergure suppose la mobilisation de ressources financières stables et adaptées à des cycles d'investissement longs.
Il suggère à cet égard des modes de financement innovants, à l’image des obligations vertes, des financements climatiques concessionnels, des instruments de mixage combinant des subventions, des prêts bonifiés et des garanties, ou encore des Partenariats Public-Privé.
De son côté, Mohamed Amrani, chargé principal des politiques au sein de la FAO pour la région Afrique du Nord, a souligné que la souveraineté hydrique dépend d’un arbitrage interrégional qui puise sa force dans l'équité, la durabilité, la productivité et la solidarité.
De même, une bonne gouvernance des ressources en eau repose également sur un arbitrage axé sur la sécurisation de l’offre sans pour autant créer une dépendance à des coûts trop élevés, a-t-il précisé.
Le "MAP Town Hall", refonte du format traditionnel du Forum de la MAP, se veut un espace de dialogue approfondi et d’échanges constructifs entre décideurs, experts et acteurs du développement au service d’un débat public éclairé et vertueux.
La 2e édition de ce nouveau rendez-vous a été marquée par la présence de plusieurs responsables d’établissements publics et privés ainsi que des représentants des médias.
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