Société
Bilan 2025 de l'ADII : Les réformes douanières et fiscales au service de la souveraineté économique et du "Made in Morocco"
21/05/2026 - 19:05
Malak Zougagh
L’Administration des Douanes et Impôts Indirects (ADII) a poursuivi en 2025 une série de réformes présentées comme stratégiques pour accompagner les grandes orientations économiques du Maroc. À travers plusieurs mesures fiscales, tarifaires et réglementaires prévues par la Loi de Finances 2025, l’administration a mis l’accent sur le soutien à la production nationale, la protection du pouvoir d’achat, le développement des secteurs stratégiques ainsi que la modernisation des mécanismes fiscaux et douaniers.
Selon le rapport d'activité 2025, les nouvelles dispositions ont visé notamment à sécuriser l’approvisionnement du marché national, soutenir la compétitivité industrielle, protéger certaines filières fragilisées par les importations et accompagner plusieurs projets structurants pour le Royaume.
Parmi les principales mesures figure la révision des droits d’importation sur plusieurs catégories de produits. Les quotités du droit d’importation ont ainsi été adaptées selon la situation des filières concernées: les produits totalement importés sont soumis à un taux de 2,5 %, tandis que les produits bénéficiant d’une production locale exclusive peuvent atteindre 30 %. Les produits à la fois fabriqués localement et importés sont, eux, soumis à des taux intermédiaires de 10 % ou 17,5 %.
L’ADII explique que ces ajustements tarifaires visent à corriger certaines distorsions économiques, soutenir le “Made in Morocco”, favoriser la création d’emplois et encourager les investissements dans des secteurs jugés stratégiques, notamment les énergies renouvelables et l’économie circulaire.
Le secteur pharmaceutique fait également partie des priorités mises en avant dans le rapport. L’administration indique avoir poursuivi la refonte du système tarifaire appliqué aux médicaments et produits pharmaceutiques afin de faciliter l’accès aux produits de santé et de renforcer la souveraineté sanitaire du Royaume. Cette réforme s’est notamment traduite par l’intégration de 95 nouvelles substances actives pharmacologiques dans le tarif douanier.
Concernant le pouvoir d’achat, le rapport souligne également la réduction de la taxe appliquée au bois importé utilisé dans la fabrication de meubles. Le taux de taxation est ainsi passé de 12 % à 6 % pour certains produits relevant du chapitre 94 du tarif des droits d’importation, avec pour objectif de réduire les coûts d’acquisition pour les consommateurs.
L’ADII met aussi en avant les mesures fiscales accordées au projet du Gazoduc Africain-Atlantique reliant le Nigeria au Maroc. Les équipements, matériels et outillages destinés à ce chantier stratégique ont été exonérés du droit d’importation. Selon le rapport, cette décision vise à faciliter la réalisation d’un projet énergétique continental reliant plusieurs plateformes gazières africaines à l’Europe.
Sur le plan de la fiscalité indirecte, la réforme de la Taxe Intérieure de Consommation (TIC) se poursuit également. Le rapport rappelle que la hausse progressive de la TIC sur les cigarettes, engagée depuis 2022, entre dans sa quatrième année d’application en 2025. Cette réforme poursuit un triple objectif: protéger la santé publique, promouvoir une concurrence plus équilibrée dans le secteur et renforcer les recettes de l’État.
Autre évolution notable: la mise en œuvre de la deuxième phase de taxation des produits contenant du sucre ajouté. Introduite par la Loi de Finances 2024, cette mesure prévoit une taxation progressive basée sur la teneur en sucre des produits concernés afin d’encourager les industriels à réduire les quantités de sucre dans leurs fabrications.
Le rapport évoque également les mesures prises pour soutenir le marché alimentaire national dans un contexte marqué par la sécheresse, le déficit hydrique et la hausse des coûts de production. Des dispositifs fiscaux spécifiques ont ainsi été maintenus afin de préserver l’approvisionnement du marché et limiter l’impact de la hausse des prix sur les consommateurs.
À travers ces différentes réformes, l’Administration des Douanes et Impôts Indirects affirme vouloir renforcer un environnement économique présenté comme plus stable, transparent et favorable à l’investissement, tout en accompagnant les transformations industrielles, énergétiques et sociales du Maroc.
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