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Maroc-France: pourquoi les Bleus se méfient des Lions de l'Atlas
09/07/2026 - 16:30
Amine Oubaha
À quelques heures du choc entre le Maroc et la France en quarts de finale de la Coupe du monde, prévu ce jeudi 9 juillet au Boston Stadium (21h00 heure marocaine), un constat fait désormais l'unanimité de côté des Français: les Lions de l'Atlas ne sont plus l'équipe surprise de 2022. Ils sont devenus une sélection que les Bleus abordent avec beaucoup de respect… et une certaine méfiance.
Pour prendre le pouls de cette perception, SNRTnews a interrogé plusieurs journalistes français spécialisés. Tous dressent le même constat: le Maroc a changé de statut et s'est durablement installé parmi les grandes nations du football mondial.
Le parcours réalisé au Qatar en 2022 a constitué un véritable tournant. Pour Alex Jaquin, journaliste à RMC Sport, cette demi-finale historique a profondément modifié la perception des Français.
"Aujourd'hui, le Maroc est considéré comme une grande équipe de football, aussi bien par les passionnés que par le grand public. Le parcours de 2022 a complètement changé les regards. Affronter la France en demi-finale a encore renforcé cette reconnaissance."
Si les grandes puissances traditionnelles comme la France, l'Espagne, l'Argentine ou l'Angleterre restent encore les principaux favoris dans l'imaginaire collectif français, le Maroc est désormais considéré comme un candidat crédible aux derniers carrés d'une grande compétition.
"Voir le Maroc atteindre une demi-finale ou une finale ne surprendrait plus personne aujourd'hui", estime le journaliste.
Un projet qui impressionne la France
Au-delà des résultats, c'est surtout la transformation du football marocain qui suscite l'admiration. Les journalistes français soulignent unanimement la cohérence du projet construit par la Fédération royale marocaine de football depuis plusieurs années: développement des infrastructures, formation, attractivité auprès des binationaux, stabilité sportive et vision à long terme.
Pour Alex Jaquin, cette évolution dépasse désormais le simple cadre sportif: "Il y a encore quelques années, on parlait très peu du Maroc en France. Aujourd'hui, même des personnes qui ne suivent pas particulièrement le football savent que le Maroc est devenu une grande nation."
Le choix de plusieurs jeunes talents issus des centres de formation français de représenter le Maroc est également perçu comme un indicateur fort. Le cas de Bouaddi, longtemps annoncé comme un futur international français avant d'opter pour les Lions de l'Atlas, est régulièrement cité comme la preuve que le projet marocain est devenu extrêmement attractif.
Avec la perspective de la Coupe du monde 2030, coorganisée par le Royaume, plusieurs observateurs estiment même que le Maroc pourrait faire partie des principaux favoris à domicile, à condition de continuer sa progression et de voir émerger un véritable grand buteur.
Un milieu de terrain qui inquiète les Bleus
Sur le plan purement sportif, plusieurs secteurs du jeu marocain suscitent une véritable inquiétude en France. Pour Alex Jaquin, le principal danger se situe dans l'entrejeu. "Avec Ounahi, El Aynaoui et Bouaddi, le Maroc possède, selon moi, une qualité technique supérieure à celle de la France au milieu de terrain. Les Bleus disposent d'un secteur offensif exceptionnel, mais leur milieu est moins dominateur techniquement. C'est là que le Maroc peut faire la différence."
Autre force largement mise en avant : les couloirs. Avec Achraf Hakimi et Noussair Mazraoui, le Maroc dispose de deux latéraux considérés parmi les meilleurs à leur poste, un secteur où les Français reconnaissent un avantage net aux Lions de l'Atlas.
Le facteur psychologique est également évoqué. Selon plusieurs observateurs, cette équipe marocaine possède cette "faim" propre aux sélections qui rêvent encore de décrocher leur premier grand titre, contrairement à une équipe de France habituée aux succès depuis plusieurs années, précise le journaliste de RMC Sport.
Bounou, l'homme qui peut faire basculer le match
S'il y a un joueur qui fait quasiment l'unanimité en France, c'est bien Yassine Bounou. Le gardien marocain est considéré comme l'une des principales armes des Lions de l'Atlas.
Renan Chedhotal, journaliste à beIN Sports Francre, imagine d'ailleurs un scénario bien précis. "Je vois deux possibilités : soit la France réalise un très grand match et s'impose 2-0, soit le Maroc livre une prestation tactique de très haut niveau. Si les Lions de l'Atlas parviennent à emmener les Bleus jusqu'aux prolongations, je pense qu'ils se qualifieront, notamment grâce au meilleur gardien du monde, Yassine Bounou."
Le Maroc a gagné en profondeur
Pour Guillaume Truillet, journaliste à beIN Sports France, les Lions de l'Atlas ont franchi un nouveau cap depuis leur épopée au Mondial 2022. Le Maroc n'est plus seulement la référence du football africain, mais une sélection qui s'est durablement installée parmi les équipes les plus compétitives de la planète.
"Le Maroc est perçu en France comme la principale nation africaine. Aujourd'hui, les Lions de l'Atlas sont une équipe solide et je pense qu'ils sont encore plus difficiles à battre qu'en 2022", estime-t-il.
Selon lui, la principale force de cette sélection réside dans l'équilibre entre les générations. Les cadres expérimentés, comme Achraf Hakimi, Noussair Mazraoui et Yassine Bounou, apportent leur vécu des grandes compétitions tout en encadrant les joueurs qui ont émergé ces dernières années, à l'image de Neil El Aynaoui, Brahim Diaz ou Ismaïl Saibari.
À cette ossature vient désormais s'ajouter une nouvelle vague de jeunes talents prometteurs, dont Bouaddi et Chadi Riad. "Il y a aujourd'hui trois générations qui se complètent parfaitement", souligne le journaliste français.
Sur le terrain, Guillaume Truillet considère que le principal atout des Lions se situe dans leur milieu de terrain, qu'il juge particulièrement performant: "Je le trouve très impressionnant et très complémentaire. Il y a une grande qualité technique, mais aussi beaucoup d'intensité. C'est probablement le secteur le plus fort de cette équipe."
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