Politique
Aïd Al-Adha: Le gouvernement serre la vis sur le marché des ovins
18/05/2026 - 22:41
SNRTnews
A quelques jours de Aid Al Adha, le gouvernement a annoncé l’adoption d’une série de mesures exceptionnelles visant à organiser les opérations de commercialisation et de vente des moutons afin de garantir la transparence des transactions et à lutter contre la spéculation.
Cette décision s’inscrit dans un contexte marqué par des inquiétudes croissantes autour du prix des ovins. L’objectif affiché est clair : éviter toute hausse injustifiée des prix et assurer un fonctionnement fluide et équitable des marchés.
Cette décision s’appuie sur la loi n° 113.14 relative aux communes, la loi n° 104.12 sur la liberté des prix et de la concurrence, ainsi que les textes d'application afférents. Il a été pris après consultation du Conseil de la concurrence, ce qui lui confère une légitimité renforcée face aux pratiques anticoncurrentielles qui gangrènent chaque année le marché des ovins.
Un encadrement strict des circuits de vente
Le texte prévoit une série de dispositions opérationnelles immédiatement applicables :
Le dispositif prévoit en premier lieu la canalisation des ventes vers les marchés officiels. Seuls les espaces autorisés pourront accueillir la commercialisation des bêtes. Les ventes directes, notamment au sein des exploitations agricoles, restent toutefois permises, selon les modalités en vigueur et sous réserve du respect des règles en vigueur.
Autre mesure phare : l’obligation pour les vendeurs de se déclarer au préalable auprès des autorités locales. Ils devront fournir des informations précises sur leur identité, le nombre de têtes mises en vente ainsi que leur provenance. Une traçabilité renforcée, censée rassurer les consommateurs et limiter les pratiques douteuses.
Ce n’est pas tout, le gouvernement interdit la revente. Ainsi l'achat d'animaux à des fins de revente à l'intérieur des marchés est formellement prohibé. Cette mesure cible les intermédiaires qui achètent en gros pour revendre à des prix gonflés, au détriment du consommateur final.
Lutte contre la spéculation et les pratiques frauduleuses
Toute forme de surenchère artificielle, d'entente tacite ou explicite entre vendeurs pour faire monter les prix tombe sous le coup de l'interdiction. Le texte vise ainsi aussi bien les enchères truquées que les coalitions informelles de marchands.
Le stockage de bêtes en dehors des circuits commerciaux habituels, dans le but de créer une pénurie fictive ou de provoquer une hausse des cours, est désormais explicitement banni.
Des sanctions à la hauteur des enjeux
La décision du gouvernement ne se contente pas d'énoncer des interdictions : il prévoit des sanctions vis-à-vis des contrevenants. Les infractions seront passibles de peines d'emprisonnement et d'amendes conformément à la législation en vigueur.
Par ailleurs, les autorités compétentes pourront procéder à la fermeture temporaire des points de vente en infraction, à la saisie des animaux et des équipements utilisés dans la commission des infractions.
Les pouvoirs publics ont annoncé qu'ils veilleront à une application stricte et équitable de ces dispositions.
Un appel à la responsabilité des professionnels
Au-delà des mesures coercitives, le gouvernement a tenu à adresser un message aux acteurs de la filière, éleveurs, marchands, transporteurs et autres intermédiaires. Il les invite à faire preuve d'esprit de responsabilité et à se conformer aux lois et réglementations en vigueur , dans l'intérêt des consommateurs, de la transparence des transactions et de l'approvisionnement régulier des marchés.
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