Société
Chambre des représentants: vif débat autour des prix des moutons d'Aïd al-Adha
18/05/2026 - 19:32
Morad Karakhi
Les prix des moutons d'Aïd al-Adha ont suscité un large débat lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, entre le ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, et plusieurs parlementaires, après que le ministre a indiqué que les prix des bêtes dans certains marchés commençaient à partir de 1 000 dirhams.
Lors de la séance du lundi 18 mai 2026, des députés ont affirmé que les prix des moutons de l'Aïd continuent d'enregistrer une hausse notable malgré l'abondance de l'offre, s'interrogeant sur les raisons réelles de la persistance de cette cherté qui pèse lourdement sur le budget des familles à l'approche de l'Aïd al-Adha.
Plusieurs parlementaires ont souligné que le prix du plus petit mouton dépasse désormais le salaire minimum, ce qui place de nombreuses familles en grande difficulté pour s'en procurer, tandis que d'autres se voient contraintes de recourir à l'emprunt ou de renoncer à l'achat du sacrifice en raison d'un pouvoir d'achat limité.
Les députés se sont également interrogés sur les mesures adoptées par le gouvernement pour lutter contre les spéculateurs et les intermédiaires qui contribuent, selon leurs termes, à une hausse injustifiée des prix, réclamant un renforcement du contrôle au sein des marchés et la protection du consommateur contre les spéculations.
En réponse à ces questions, le ministre de l'Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts, Ahmed El Bouari, a affirmé que les marchés connaissent une abondance de l'offre et que les prix restent variables selon la taille du mouton et la région de vente.
Le ministre a ajouté que les données dont dispose le ministère indiquent que les prix des bêtes sur certains marchés commencent à partir de 1000 dirhams. Cette déclaration a suscité un large débat au sein de la séance, plusieurs parlementaires ayant contesté le réalisme de ces chiffres par rapport aux prix pratiqués sur le terrain.
Le ministre a précisé que l'offre nationale en ovins et caprins destinés à l'Aïd al-Adha est estimée à environ 9 millions de têtes, un chiffre qui dépasse la demande attendue, laquelle oscille entre 6 et 7 millions de têtes, estimant que cette donnée reflète l'abondance du cheptel national pour la saison actuelle.
Cependant, la réponse du ministre a essuyé les critiques de plusieurs députés, qui ont soutenu que les prix pratiqués dans les différents marchés du Royaume débutent, pour la plupart, à plus de 3000 dirhams, estimant que l'écart entre les données officielles et la réalité du terrain soulève des interrogations quant à l'efficacité des mesures de régulation des prix.
Le ministre est revenu pour clarifier ses propos concernant les prix des moutons de l'Aïd Al-Adha, présentant ses excuses et précisant qu'il voulait dire "2000 dirhams". Il a indiqué que les données actuelles relevées sur les marchés font état de prix oscillant entre 2000 et 2500 dirhams par tête.
Il a par ailleurs assuré que l'offre en bétail est suffisante à l'échelle nationale, ce qui garantit la satisfaction de la demande durant la période de la fête.
Il a également indiqué que les prix devraient baisser dans les prochains jours, avec une stabilisation progressive du marché.
Des parlementaires ont quant à eux souligné, lors de la même séance, que les prix des moutons demeurent en hausse notable malgré l'abondance de l'offre, s'interrogeant sur les véritables raisons de cette cherté persistante qui pèse sur les familles marocaines, notamment dans le contexte économique actuel.
Ce débat intervient dans un contexte de persistance des plaintes liées à la cherté des viandes rouges et des moutons au cours des dernières années, malgré l'amélioration de l'actuelle saison agricole et la disponibilité des précipitations par rapport aux saisons précédentes.
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