Sport
CAN 2025: Moncef El Yazghi décrypte la décision de la CAF
18/03/2026 - 16:35
Saleh El Goumri
Après la décision de la Confédération Africaine de Football (CAF) d’attribuer la victoire au Maroc sur tapis vert (3-0) face au Sénégal en finale de la Coupe d’Afrique des Nations 2025, le chercheur en politiques sportives Moncef El Yazghi a proposé une lecture analytique et juridique de ce verdict.
Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, Moncef El Yazghi a tenté de décrypter les fondements réglementaires de cette décision, en s’appuyant sur plusieurs hypothèses et interprétations possibles. Il a notamment cherché à analyser la logique juridique des articles encadrant la compétition, à la lumière des faits ayant entouré la finale.
"Je pense que l’affaire est quasiment tranchée de manière définitive. Nous avons le droit de nous réjouir, mais il faut garder à l’esprit qu’une surprise reste possible", a-t-il déclaré.
Selon lui, la CAF n’aurait rendu sa décision qu’après avoir consulté le Tribunal Arbitral du Sport, afin d’éviter tout revers juridique, notamment dans un contexte où l’instance continentale cherche à renforcer la solidité de ses décisions.
Le chercheur explique que la CAF a finalement considéré le Sénégal comme forfait puis perdant, en application des articles 82 et 84 du règlement de la CAN, contrairement à la première décision de la commission disciplinaire. "De nouveaux éléments ont émergé et la Fédération Royale Marocaine de Football a présenté des arguments supplémentaires devant la commission d’appel, ce qui témoigne d’une gestion à la fois rigoureuse et diplomatique du dossier", a-t-il souligné.
Sur le plan réglementaire, l’article 82 prévoit qu’une équipe qui se retire, refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin d’un match est considérée comme perdante et éliminée. L’article 84, quant à lui, stipule qu’une telle infraction entraîne une défaite par forfait (3-0), sauf si un score plus lourd est déjà acquis.
Concernant un éventuel recours de la Fédération sénégalaise devant le TAS, El Yazghi rappelle qu’il s’agit d’un droit légitime.
Toutefois, cette juridiction ne juge pas les faits en eux-mêmes, mais vérifie principalement la bonne application des règles et des procédures par la CAF.
Il souligne également que le principal point de débat pourrait porter sur la nature du retrait sénégalais : "S’agissait-il d’un retrait effectif ou d’une simple intention de protestation ?".
Selon lui, la partie sénégalaise pourrait tenter de démontrer qu’il ne s’agissait pas d’un abandon définitif, notamment en avançant que l’arbitre n’avait pas officiellement mis fin à la rencontre.
Enfin, El Yazghi indique que si l’affaire est portée devant le TAS, elle pourrait donner lieu à de nouvelles interprétations juridiques.
Il note également que le dossier marocain a été renforcé par des éléments supplémentaires, notamment le rapport de l’arbitre, qui ferait état de pressions exercées pour éviter certaines sanctions disciplinaires à l’encontre de joueurs sénégalais après leur retour sur le terrain.
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