Société
Casablanca: Des vestiges préhistoriques découverts sur le site archéologique "Thomas 1"
11/04/2025 - 11:53
Halima Aamir | Mohammed Fizazi
Des recherches archéologiques sont menées actuellement par l'Institut National des Sciences de l'Archéologie et du Patrimoine (INSAP) sur le site de "Thomas 1" à Casablanca. Ces fouilles ont mis au jour des restes de faune préhistorique, notamment des éléphants, des guépards et des rhinocéros, offrant des indices sur l'histoire ancienne de la région
Un programme de fouilles archéologiques a été lancé le 2 avril sur le site de "Thomas 1" à Casablanca par une équipe de l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP), avec des travaux prévus jusqu’au 17 avril. Cette opération s’inscrit dans le cadre d’une collaboration maroco-française réunissant une équipe marocaine dirigée par le chercheur Abderrahim Mouhib et une équipe française menée par Camille Daujeard et Rosalia Gallotti.
Selon Abdeljalil Bouzouggar, directeur de l’INSAP, les recherches portent sur des niveaux archéologiques datant d’environ 1,3 million d’années, en lien avec la phase ancienne du Paléolithique. Des outils en pierre utilisés par l’homme préhistorique ont été découverts, ainsi que des restes d’animaux disparus tels que des éléphants, des rhinocéros, des guépards, ainsi que des gazelles, des antilopes et d’anciens chevaux. Ces découvertes témoignent de la richesse écologique du site à cette époque.
Abderrahim Mouhib a précisé, dans une déclaration à SNRTnews, que les travaux en cours se concentrent sur l’étude des vestiges humains et animaux exhumés, l’analyse minutieuse d’échantillons géologiques ainsi que sur l’examen stratigraphique des différentes couches temporelles du site de Casablanca. L’équipe mène également des tests géophysiques dans la grotte dite "des Rhinocéros", afin d’en déterminer l’extension totale, celle-ci étant partiellement obstruée par l’exploitation d’une carrière voisine. Ces études visent une meilleure compréhension de la structure rocheuse et de la base de la cavité.
Le site archéologique "Thomas 1" comprend deux niveaux principaux. Le premier, appelé "L", a été daté en 2021 à environ 1,3 million d’années et constitue la plus ancienne preuve datée de présence humaine au Maroc. Le second niveau correspond à une grotte ayant livré des outils et des vestiges fossiles, datés entre 700.000 et 800.000 ans.
Les recherches actuelles se déroulent dans une seconde carrière du site, portant sur des formations géologiques du Tertiaire et du Quaternaire. Les archéologues y examinent des traces d’occupation humaine, aussi bien en plein air qu’en grotte.
La valeur du site remonte à 1972, année où y furent découverts des restes humains fossiles âgés de plus de 500.000 ans. L’un des objectifs majeurs de cette campagne est d’identifier les plus anciennes traces d’activités de boucherie en Afrique, notamment dans la grotte des Rhinocéros, par l’analyse de marques de découpe sur des ossements, réalisées à l’aide d’outils en pierre encore présents sur le site. Certaines de ces traces montrent également des marques de morsures humaines.
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