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De Pelé à Zidane: ces scènes restées dans la légende de la Coupe du monde
04/06/2026 - 10:44
AFP
Coup de vent de Pelé, coup de main de "Dieu", coup de boule de Zidane, coup dans les dents de Battiston... Héroïques, historiques, dramatiques, insolites, spectaculaires, jubilatoires, la glorieuse histoire de la Coupe du monde ne manque pas d'épisodes marquants.
. 1958: la naissance d'un roi
Huit ans après le drame national du "Maracanazo" (défaite contre l'Uruguay, NDLR), l'heure du Brésil sonne enfin en Suède. Dans le Rasunda Stadium de Stockholm tout acquis à la cause du pays hôte alors mené 2-1, un gamin de 17 ans se révèle au monde, en réalisant contrôle de la poitrine, enchaîné par un sombrero dans la surface et un tir imparable. Ce but d'anthologie est l'oeuvre de Pelé, de son vrai nom Edson Arantes do Nascimento. Point d'orgue de deux semaines passées à établir des records de précocité, devenu d'abord le plus jeune buteur de l'histoire de la compétition en quart contre le Pays de Galles (1-0), puis le plus jeune à réussir un triplé dans une demi-finale contre la France (5-2) et, enfin, le plus jeune à marquer dans une finale largement remportée (5-2) par la Seleçao, avec un doublé dans la musette.
. 1966: le but fantôme de Wembley
Aucune action de jeu n'a suscité autant de débats. Et pour cause: 60 ans après, le mystère reste entier. L'Angleterre et l'Allemagne de l'Ouest sont à égalité 2-2 dans la prolongation de la finale à Wembley, quand Goeffrey Hurst décoche une frappe puissante qui heurte le dessous de la barre transversale. Où a rebondi le ballon? De quel côté de la ligne? Entièrement? Ecoutant son juge de touche, l'arbitre accorde le but aux Anglais, suscitant l'ire des Allemands. La technologie sur la ligne de but n'existait évidemment pas en 1966 et les ralentis télévisuels de l'époque n'ont jamais pu élucider le mystère. Bien plus tard, des ingénieurs en biomécanique de l'université d'Oxford, s'appuyant sur des simulations informatiques, conclueront à une erreur de l'arbitre. Doute levé? Pas pour Sky Sports, pour qui le ballon a bien franchi entièrement la ligne, dans une reconstitution en réalité virtuelle réalisée par EA Sports, développeur du jeu Fifa.
. 1970: la feinte magique de Pelé
Le Mondial au Mexique, le troisième glané par Pelé, constitue le chef d'oeuvre du plus grand joueur du XXe siècle. Plus que ses quatre buts durant le tournoi, dont le premier de la finale remportée 4-1 contre l'Italie, ce sont d'autres actions folles mais non abouties qui témoignent de son génie. Notamment, en demi-finale contre l'Uruguay, lorsqu'il réussit ce grand pont sur le gardien, sans même toucher le ballon. Au bout de sa course, Pelé croise cependant un peu trop son tir vers le but vide. Il manque aussi la mire, d'un rien, lors du premier match face à la Tchécoslovaquie (4-1) en tentant un lob de 50 mètres. Et quand il lui arrive de cadrer, c'est sa tête piquée qui convoque le génie du gardien de l'Angleterre, auteur de l'arrêt du siècle, en phase de groupe (1-0). "J'ai marqué un but mais Gordon Banks l'a arrêté", dira le Brésilien.
. 1982: les dents de Battiston
Tant d'émotions fortes en montagnes russes ont traversé les acteurs, spectateurs et téléspectateurs, lors de cette demi-finale de légende remportée aux tirs au but par l'Allemagne contre la France, après une prolongation folle où les Bleus ont mené 3-1. Mais avant l'amère désillusion française, fut le temps de la peur et de la colère, quand vers l'heure de jeu, Patrick Battiston fut violemment percuté par le gardien Harald Schumacher sorti en trombe. De quoi un instant craindre pour la vie du défenseur, gisant au sol, la main gauche comme figée. Quarante-quatre ans après, l'image fait toujours froid dans le dos. Evacué sur une civière, Battiston laissa trois dents sur la maudite pelouse du stade Sanchez-Pizjuan, sans que l'arbitre ne sanctionne Schumacher.
. 1986: "Dieu" et le cerf-volant cosmique
Ce sont les quatre minutes les plus folles qu'il ait été donné de voir en Coupe du monde. Tout commence à la 51e de ce quart de finale entre l'Argentine et l'Angleterre au stade Azteca: Diego Maradona dévie de la main gauche un ballon aérien promis au gardien Peter Shilton, qui finit dans le but, sans que l'arbitre ne voie l'acte de tricherie. "Je l'ai mis un peu avec la tête de Maradona et un peu avec la main de Dieu", déclarera avec malice l'intéressé. L'oeuvre de "Dieu" donc, mais avec la part du diable. Et ce diable de Diego d'aussitôt faire (presque) oublier l'entourloupe à la 55e avec une chevauchée fantastique, démarrée dans son camp: il dribble cinq joueurs anglais dont Shilton pour enfin pousser le ballon au fond des filets. Un chef d'oeuvre réalisé par un extra-terrestre, "un cerf-volant cosmique" hurle même en transe un journaliste d'une radio argentine, Víctor Hugo Morales, dans un commentaire resté dans les annales.
. 2006: le coup de boule de Zidane
"Pas ça Zinédine, pas ça Zinédine! Oh non, pas ça! Pas aujourd'hui, pas maintenant, pas après tout ce que tu as fait!" Quels mots, autres que ceux prononcés par le regretté commentateur Thierry Gilardi, auraient pu mieux résumer les sentiments mêlés - stupeur, incompréhension, abattement, colère... - des supporteurs de l'équipe de France lorsqu'ils virent au ralenti Zidane asséner un coup de boule sur le thorax de Marco Materrazzi? A ce moment précis de la prolongation étouffante de la finale 2006 face à l'Italie, c'est comme si tout s'était effondré chez les Bleus. En premier lieu, l'espoir de décrocher une deuxième étoile sans celui qui l'avait pourtant fait naître avec sa folle "Panenka" sur penalty en première période. La séance de tirs au but fut le coup de grâce, l'Italie remportant le trophée devant lequel "ZZ" était passé, tête basse, après son exclusion. Ultime image restée célèbre d'une idole qui fut si près d'entrer dans la légende, mais rata sa sortie.
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