Art & Culture
Dialogue entre trois générations de cinéastes marocains: Perspectives et parcours croisés lors de la 25e édition du FNF
20/10/2025 - 19:16
Khawla Znaizini | Mohammed ChafiDans le cadre des activités de la 25e édition du Festival National du Film de Tanger, le Centre Cinématographique Marocain a organisé une conférence scientifique intitulée "Dialogue avec trois générations de cinéastes marocains : Perspectives et parcours croisés", réunissant les pionniers du cinéma marocain, la génération intermédiaire et la nouvelle génération, lors d'une rencontre artistique et culturelle visant à jeter des ponts de communication entre les différentes générations cinématographiques.
La conférence, qui a connu la présence de réalisateurs de différentes générations cinématographiques, a constitué un espace de dialogue riche, rassemblant la génération qui a ouvert la voie, comme Ahmed El Maanouni, Saad Chraïbi et Farida Belyazid, la génération de la continuité et du renouveau représentée par Zakia Tahiri, Ali Essafi et Nourredine Lakhmari, et la nouvelle génération comme Maryam Bentaïb, Alaeddine Aljem et Kamal Lazraq, pour échanger leurs points de vue sur les enjeux artistiques et esthétiques du cinéma marocain à la lumière des transformations technologiques et sociales actuelles.
Les organisateurs de la conférence ont souligné que cette initiative vise à renouveler le dialogue cinématographique intergénérationnel, à renforcer la reconnaissance du patrimoine artistique et à s'ouvrir aux nouvelles expériences, dans l'optique de créer des projets communs entre les générations, quelles que soient leurs origines, formations et références, afin d'assurer la continuité et le développement de l'élan cinématographique marocain.
Dans ce contexte, les expériences artistiques et les visions esthétiques ont convergé dans une discussion sur la réalité du cinéma marocain et les limites de son équilibre entre le local et l'international, considérant que cette rencontre constitue une occasion de réfléchir aux moyens de passer d'une génération à l'autre sans rupture, par la convergence des visions et l'échange d'expériences.
Chraïbi : La distribution et la stéréotypie sont les plus grands défis du cinéma marocain
Le réalisateur Saad Chraïbi a estimé, dans une déclaration à SNRTnews, que l'évolution du paysage cinématographique marocain sur le plan quantitatif est "claire et évidente", que ce soit en termes de nombre de films produits ou de structures techniques disponibles, mais que l'aspect qualitatif et axiologique nécessite encore de plus grands efforts, notamment en matière de distribution et de profondeur des idées.
Chraïbi a souligné que céder à la logique de consommation peut mener à la stéréotypie, déclarant: "Lorsque nous produisons des films uniquement parce qu'ils attirent le public, nous tombons dans la répétition, alors que la richesse du cinéma marocain réside dans sa diversité et la multiplicité de ses visions."
Tahiri: La nouvelle génération apporte énergie et renouvellement dans les thèmes
De son côté, la réalisatrice Zakia Tahiri a estimé que le paysage cinématographique marocain connaît une transformation positive, considérant que la nouvelle génération de réalisateurs est influencée par les expériences des pionniers mais cherche à créer sa propre empreinte.
Tahiri a ajouté dans une déclaration à SNRTnews que les jeunes réalisateurs se distinguent par une grande énergie et disposent de moyens qui n'étaient pas disponibles auparavant, soulignant qu'il y a un changement dans les sujets choisis, bien qu'ils soient qualifiés de timides, mais elle insiste sur l'importance de s'ouvrir à de nouveaux thèmes tout en préservant les fondamentaux.
Tahiri a appelé à augmenter le nombre de films produits annuellement pour élargir la base du public et faire connaître de nouveaux talents.
Aljem: La technologie change le rythme mais ne fait pas le film
Quant au jeune réalisateur Alaeddine Aljem, il a estimé que chaque réalisateur cherche à construire son propre parcours bien qu'il bénéficie des expériences de ses prédécesseurs, déclarant: "Les transformations technologiques évoluent rapidement, mais elles n'affectent pas fondamentalement le contenu de l'œuvre artistique, c'est pourquoi nous essayons de les suivre sans perdre l'essence de notre vision créative."
Aljem a ajouté, dans sa déclaration à SNRTnews, que l'orientation de certains réalisateurs vers les financements étrangers ne signifie pas une perte d'identité nationale du film, mais plutôt une nécessité productive pour assurer la continuité et la qualité du travail, surtout lorsque les projets exigent d'importantes ressources financières, et cela aide également à promouvoir le film à l'échelle internationale.
Les participants ont affirmé que l'avenir du cinéma marocain passe par la construction de ponts de coopération entre les générations et l'ouverture à de nouvelles écoles de réalisation qui reflètent la richesse de la société marocaine et la diversité de ses cultures.
Articles en relations
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture
Art & Culture