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Elizabeth Holmes, l'ex-étoile de la Silicon Valley en procès
08/09/2021 - 11:03
Aïcha DebouzaUne semaine après la sélection des jurés, le procès d’Elizabeth Holmes, s’ouvre ce mardi 7 septembre 2021 au tribunal de San José en Californie mettant fin à l’ascension fulgurante de l’Américaine. Il s’agit de l’affaire de la plus jeune milliardaire du monde à ne pas avoir hérité de sa fortune grâce à son entreprise Theranos qu’elle a fondée en 2003.
C’est une affaire qui sonne comme une leçon pour la Californie. Valorisée à 9 milliards de dollars, Theranos est une start-up qui confirmait pouvoir révolutionner la médecine. Ce n’était que du vent. En mars 2018, le gendarme boursier américain accuse la jeune milliardaire et sa start-up de fraudes massives. L’ex-étoile montante de la Silicon Valley, ainsi que son ex petit-ami, de 19 ans son aîné, Ramesh Balwani, seront inculpés par un grand jury pour une vaste escroquerie organisée, aux dépens d’investisseurs, de médecins et de patients.
Bien que l’accusée ait prévu de rejeter la responsabilité sur son ancien bras droit, dont le procès débutera en janvier 2022, les deux risquent tout de même plus de vingt ans de prison et de très lourdes amendes. Selon elle, Ramesh Balwani la contrôlait et abusait d’elle psychologiquement. En réalité, les deux protagonistes savaient que leur système "avait des problèmes de fiabilité, ne permettait de faire qu’un nombre limité de tests et était plus lent que d’autres systèmes sur le marché", relatent les journaux américains. L’escroquerie est quant à elle évaluée à "plusieurs millions de dollars".
La promesse tant rêvée
Souvent comparée à Steve Jobs, cofondateur, directeur général et président du conseil d'administration de l'entreprise multinationale américaine Apple Inc, Elizabeth Holmes devient milliardaire à l’âge de 30 ans grâce à son entreprise. Alors qu’elle n’avait que 19 ans, la jeune blonde à l’esprit brillant, combative et charismatique lance Theranos en 2003 et promet aux gens des diagnostics plus rapides et moins chers que ceux des laboratoires traditionnels, permettant jusqu’à 200 analyses avec une toute petite quantité de sang.
Le rêve que vend la jeune entrepreneure vire au cauchemar 12 ans plus tard. C’est une série d’articles publiés par le journaliste américain John Carreyriy vers fin 2015 dans le Wall Street Journal qui commencent à semer le doute. Le ministère de la Santé se saisit de l’affaire, qui déborde de start-ups cherchant des financements et d’investisseurs. Aux poches pleines, ces derniers sont affamés de parier sur des entreprises qui se présentent toutes comme révolutionnaires.
La chute d’Elizabeth Holmes est d’autant plus marquante qu’elle figura en 2015 sur la liste des 100 personnalités les plus influentes du magazine Time. Sa fortune était en 2014 évaluée à 3,6 milliards de dollars par Forbes, faisant d’elle la plus jeune milliardaire n’ayant pas hérité de sa fortune. La start-up était encore valorisée à près de 10 milliards de dollars en 2014.
Une affaire digne d'un film
Sur la sellette depuis plus de deux ans, Theranos a fermé progressivement plusieurs laboratoires et licencié des centaines de salariés. Malgré ce scandale, Elizabeth Holmes tenterait de nouveau de séduire des investisseurs pour monter une nouvelle société, selon John Carreyrou. Il a d’ailleurs sorti un livre sur cette affaire.
Mais il n’a pas été le seul à s’être inspiré de ce fait divers. L’histoire de Theranos a également fait l’objet de multiples podcasts tels que "The Drop Out" ou encore "Thicker Than Water" et d’un documentaire à succès produit par la chaîne HBO nommé "The Inventor: Out for Blood in Silicon Valley". Même Hollywood s’est emparé de la vie de la jeune milliardaire américaine, qui sera incarnée à l’écran par la superstar Jennifer Lawrence, dans une adaptation du best-seller de John Carreyrou prévue pour 2022.
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