Société
Et si on révisait avec l’IA?
04/05/2025 - 10:08
Matar Bensalmia
À l’approche des examens de fin d’année, les étudiants redoublent d’efforts pour optimiser leur temps de révision. Depuis peu, l’intelligence artificielle s’invite comme un nouvel allié dans leurs méthodes de travail.
Capable de générer des résumés, d’expliquer des notions complexes ou encore de proposer des questions de type QCM, l'intelligence artificielle continue de séduire. Faut-il s’en méfier ou l’embrasser pleinement?
Pour éclairer cette tendance, nous avons interrogé Mohamed Habibi, notre professeur témoin est titulaire d'un double doctorat en études cinématiques et en Sciences de l'éducation. Il a enseigné le cinéma à la faculté des lettres Ain chock à la fin des années 80 et assuré la formation des professeurs du premier degré pendant 38 ans.
Quand nous l'avons interrogé sur l'IA, il a marqué un temps d'hésitation avant de se lancer dans un discours "dithyrambique" mettant en valeur cette grande révolution qui se déroule sous nos yeux ébahis. “C’est vrai que l’idée d’utiliser l’intelligence artificielle pour se préparer aux examens soulève un mélange d’enthousiasme et d’inquiétude”, confie-t-il. “L’important est de considérer cet outil non plus sous l’angle de l’étudiant fraudeur, mais comme un levier pédagogique. L’IA est un formidable outil pour l’enseignant, tant au niveau de l’enrichissement de ses cours que dans l’accompagnement et l’évaluation des élèves”.
Que dire, que faire quand même un prof universitaire, sollicité pour donner son avis sur l'IA, recourt à cet outil magique pour nous répondre. “Plagiat ? Non”. Mohamed Habibi reconnaît allègrement avoir puisé sa réponse dans les puits insondables de l'IA car il estime que cette bibliothèque virtuelle est supérieure à sa propre compétence, pourvu d'avoir l'intelligence de lui fournir la requête adéquate.
Pourtant, l’enseignant met en garde contre une confiance aveugle envers ces technologies. Les modèles d’IA, bien qu’impressionnants, peuvent reproduire des biais issus des données sur lesquelles ils sont entraînés, générer des erreurs ou des informations dépassées, manquer de nuance ou encore simplifier à outrance des concepts complexes.
Pour les étudiants, l’IA ne doit donc jamais être considérée comme une source unique ni infaillible. Elle peut constituer un bon point de départ pour comprendre un sujet, organiser ses idées ou créer des outils de mémorisation comme des quiz ou des flashcards. Cependant, il est essentiel de croiser ses résultats avec les cours, les manuels et les recommandations des professeurs, de vérifier les faits avancés, de développer un esprit critique face à ses réponses, et de toujours remettre les informations dans leur contexte. L’IA peut ainsi devenir une alliée de poids, à condition de l’utiliser comme un outil d’appui, et non comme une béquille intellectuelle.
A l’ère du numérique, savoir utiliser l’intelligence artificielle fait désormais partie des nouvelles compétences à développer. Encore faut-il apprendre à s’en servir intelligemment, sans jamais lui abandonner tout le travail de réflexion.
Articles en relations
Technologie
Technologie
Technologie
Technologie