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Face au covid, les universités américaines en ordre dispersé pour la rentrée
15/08/2021 - 13:37
Aïcha Debouza | AFP
Les universités américaines s’apprêtent à faire leur rentrée. Face à la vague d’infections au Covid-19 causée par le variant Delta aux Etats-Unis, ces dernières ne seront pas toutes à armes égales. Entre vaccination obligatoire ou au contraires prohibée, les positions des différents Etats américains divergent.
Un recensement effectué par le média spécialisé The Chronicle of Higher Education a tranché. Seuls quelque 726 établissements d’enseignement supérieur sur environ 4 000 au total, exigent pour l’instant une vaccination contre le Covid-19 pour au moins une partie de leurs étudiants ou employés. Souvent dans des Etats ayant voté en 2020 pour le président actuel des Etats-Unis Joe Biden, une grande partie de ces universités se situe majoritairement dans le nord-est ou encore sur la côte ouest du pays.
La Californie s’est montrée sous son meilleur jour. A la célèbre université UCLA de Los Angeles comme à Berkeley ainsi que tous les autres sites du réseau, ceux qui étudient, travaillent ou vivent sur un quelconque campus devront être totalement vaccinés contre le Covid-19. La présidence ayant décidé dès le mois d’avril que ladite vaccination devait se faire au moins quatorze jours avant le premier jour de classe pour le semestre d’automne.
Qu’elle soit vaccinée ou non, toute personne fréquentant les sites d’UCLA devra en outre subir un test de dépistage hebdomadaire. Le port du masque sera quant à lui obligatoire dans tous les bâtiments. "En conformité avec les directives sanitaires qui s'appliquent dans le comté de Los Angeles", précise Bill Kisliuk, responsable des relations presse à UCLA.
Une douzaine d’Etats interdisent l’exigence vaccinale
Un peu plus à l’est de la Californie, au Texas, l’Université d’Austin a interdiction d’imposer la vaccination ou le port du masque à ses quelque 51 000 étudiants. Greg Abbott, gouverneur républicain de l’Etat, a pris une ordonnance empêchant toute entité gouvernementale ou recevant des fonds publics d’exiger de telles mesures sanitaires.
Jamie O’Quinn, professeure assistante en sociologie à l'université d'Austin, s’inquiète quant à la récente recrudescence des cas liée au variant Delta. Elle qui souhaiterait que les cours se déroulent à distance explique : "On va nous demander d'enseigner en présentiel dans des salles de classe où les étudiants n'auront pas obligation d'être vaccinés. Même si je le suis moi-même, ça semble incroyablement peu sûr". Elle ajoute qu’une grande partie de ses collègues enseignants sont terrifiés à l’idée de retourner sur le campus.
Bien que voisines, l’université St Edwards privée a paradoxalement quant à elle, le droit de demander une preuve de vaccination à ses étudiants. Comme la Caroline du Sud, autre bastion républicain, au moins une douzaine d’Etats interdisent aux universités publiques d’exiger le vaccin contre le Covid-19. Jugeant cette mesure illégale, l’université publique a dû faire machine arrière début août, en ce qui est de son ancienne volonté de vouloir rendre obligatoire le port du masque dans ses bâtiments.
Une obligation contestée par les étudiants
"Les interventions des Etats qui empêchent la mise en œuvre d'outils de santé publique éprouvés et efficaces, alors même que les cas de Covid-19 augmentent, nous mènent droit au désastre", réagit l'Association pour la santé des universités américaines et d'autres organisations éducatives.
Dans l’Etat du Midwest et ailleurs, une poignée d’étudiants de l’université d’Indiana ont déjà saisi la justice afin de faire annuler les règles sanitaires sur l’obligation vaccinale et le port du masque. Une partie a été déboutée mais d’autres procédures sont toujours en cours. Pour Aniffa Kouton, 20 ans et étudiante en chimie sur le campus de cette université à Bloomington, cette obligation n’a rien de surprenant et la contrer serait même « ridicule ». "L'université d'Indiana et d'autres universités publiques vous demandent déjà d'être vaccinés contre d'autres maladies comme les oreillons, la rougeole et la rubéole. Je pense juste que certains veulent politiser cette maladie", déplore la jeune femme.
Toujours selon elle, l'écrasante majorité des étudiants de son campus a tout de même joué le jeu des règles sanitaires depuis le début de la pandémie. Sur les 360 à 380 étudiants qu'elle a encadrés cet été lors d'un programme de soutien, "seuls dix avaient demandé à être exemptés du vaccin", pour des motifs religieux ou de santé, souligne-t-elle. Elle termine en expliquant que tous les étudiants ne ressentaient pas forcément le besoin de se faire vacciner, mais n’en avaient quand même pas peur. "C’était plutôt, je me fais vacciner pour ne pas attraper le Covid-19 et pouvoir revenir à une vie à peu près normale."
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