Economie
Fête du Trône: 26 ans d’élan Royal pour la souveraineté énergétique
30/07/2025 - 13:08
Matar Bensalmia
Depuis son intronisation, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a insufflé une dynamique profonde et structurante à la politique énergétique du Royaume.
En 2009, une étape majeure est franchie avec le lancement officiel de la stratégie nationale de transition énergétique, incarnée par l’inauguration de la centrale solaire de Ouarzazate, projet emblématique qui symbolise l’ambition du Maroc de devenir un leader régional des énergies renouvelables.
Cette stratégie repose sur trois piliers fondamentaux: le solaire, l’éolien et l’hydraulique. Dès le départ, l’objectif était de porter à l’horizon 2020 à 42% la part des énergies renouvelables dans la puissance électrique installée du pays répartie équitablement entre ces trois filières, souligne Mehdi Daoudi, consultant expert en énergie. Selon lui, “il faut bien distinguer la puissance installée de l’énergie produite. Cette nuance est souvent source de confusion dans le débat public”.
Solaire: des ambitions freinées par les retards
En matière de solaire, le Royaume prévoyait la réalisation de cinq grandes centrales. Si Ouarzazate est aujourd’hui pleinement opérationnelle, la centrale de Midelt reste encore en cours de réalisation, et les autres projets ont pris du retard. Résultat: la production d’électricité solaire ne représente actuellement qu’environ 3,5% de l’énergie électrique nationale, alors que l’énergie éolienne dépasse les 13%.
A noter que le coût initial du kilowattheure solaire était élevé, estimé en 2010 à 1,65 dirham, contre 0,65 dirham pour le charbon. Toutefois, “grâce à des avancées technologiques spectaculaires, le coût du solaire a chuté de près de 80%”, souligne M. Daoudi. Aujourd’hui, le prix du kilowattheure photovoltaïque avoisine 0,3 dirham, rendant cette énergie bien plus compétitive.
Éolien: un succès incontestable
À l’inverse, la filière éolienne dépasse les attentes. Elle génère plus de 13% de l’électricité produite au Maroc, selon la même source. Le Royaume dispose d’un parc éolien important, réparti entre le nord (Tétouan), le Moyen Atlas (Taza), et le sud (Boujdour et Dakhla).
A Dakhla, les potentiels solaire et éolienne sont exceptionnels “dans la mesure où le vent souffle en continu, et les conditions climatiques sont idéales pour le photovoltaïque, avec des températures modérées entre 25 et 30°C”, précise l’expert. Ces atouts font de la région un pôle très convoité par les investisseurs.
Hydrogène vert: un pari d’avenir
Convaincu du potentiel du Royaume, Sa Majesté le Roi a également encouragé le développement de l’hydrogène vert, obtenu par électrolyse de l’eau en utilisant l’électricité générée par les énergies renouvelables. Cette énergie “décarbonée” est au cœur des priorités nationales. Selon Mehdi Daoudi, un programme ambitieux a été présenté à Sa Majesté par le PDG de l’OCP, Mostafa Terrab. L’idée étant de produire de l’hydrogène pour fabriquer localement de l’ammoniac, actuellement importé à grand frais. Cette initiative permettra à terme de couvrir les besoins du groupe en ammoniaque dans ses sites de production d’acide phosphorique, notamment à El Jorf.
Efficacité énergétique: réduire pour mieux consommer
Autre axe fort de la stratégie nationale: l’efficacité énergétique. Le Maroc ambitionne une réduction de 20% de la consommation d’énergie à l’horizon 2030. “Il s’agit d’utiliser les technologies les plus performantes pour assurer les mêmes fonctions tout en consommant moins d’énergie”, résume M. Daoudi.
Le dessalement d’eau de mer: un modèle d’intégration durable
Le Royaume a également lancé, sous les hautes instructions Royales, un programme ambitieux de dessalement d’eau de mer, d’un montant de près de 13 milliards de dirhams. L’objectif étant de faire face au stress hydrique en utilisant exclusivement des énergies renouvelables pour alimenter ces stations. Plusieurs installations sont déjà opérationnelles, notamment à Agadir et Laâyoune, tandis que de nouveaux projets sont prévus à Casablanca, Nador, Tanger et Larache. “Le projet de Casablanca à lui seul vise une capacité de production annuelle de 300 à 350 millions de m³”, détaille Mehdi Daoudi.
Le groupe OCP mène en parallèle ses propres initiatives pour répondre aux besoins en eau de ses sites industriels tout en approvisionnant les villes environnantes telles qu’El Jadida, Safi, Khouribga ou Ben Guerir, là encore grâce à l’énergie verte.
Valorisation des déchets
Enfin, le Maroc explore également la valorisation énergétique des déchets, notamment à Fès et Oujda, où certaines décharges produisent déjà du gaz transformé en électricité. Ce secteur, bien que marginal pour l’instant, constitue un levier complémentaire dans la transition énergétique du pays.
Un engagement Royal constant pour un avenir durable
Sous l’impulsion visionnaire de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Maroc a su s’imposer comme un acteur engagé dans la transition énergétique, conciliant sécurité énergétique, souveraineté nationale et respect de l’environnement. Si des défis subsistent, notamment dans le domaine solaire, les progrès réalisés en éolien, en hydrogène vert, en efficacité énergétique et dans le dessalement durable, témoignent d’une stratégie claire, portée par une volonté politique forte et constante depuis plus d’un quart de siècle.
Articles en relations
Economie
Economie
Economie
Politique