Politique
Ghali au Sommet UE-UA: la Commission parlementaire mixte Maroc-UE alerte Bruxelles
16/02/2022 - 13:31
Younes Saoury
Pour barrer la route à une éventuelle participation du dénommé Brahim Ghali, chef du polisario, au Sommet UE-UA , les 17 et 18 février à Bruxelles, la Commission parlementaire mixte Maroc-UE présidée par Lahcen Haddad a envoyé une alerte aux Eurodéputés.
"Nous comptons sur votre compréhension et celle de tous nos collègues européens pour empêcher l'entrée du chef de ce mouvement séparatiste et à dénoncer ces manoeuvres qui tendent à nuire à la dynamique positive qui caractérise les relations Maroc-UE et au destin commun qui unit les deux rives de la méditerranée, comme nous vous demandons de ne pas permettre d'instrumentaliser l'Europe à l'appui de l'agenda d'une junte militaire aux dépends d'un partenariat global Maroc-UE". C’est l’appel que le président de la Commission parlementaire mixte Maroc-Union européenne, Lahcen Haddad, a lancé dans une lettre adressée aux Eurodéputés, et ce à la veille de la tenue du 6e sommet UE-Union africaine, prévu sur deux jours à Bruxelles.
Cette réaction intervient après avoir appris l’intention européenne de permettre une éventuelle participation du chef du Polisario le dénommé Brahim Ghali à ce sommet qui normalement constitue "une occasion de jeter les bases d'un partenariat renouvelé et approfondi entre l'UA et l'UE fondé sur la confiance et une compréhension claire des intérêts mutuels, de renforcer la prospérité et d'aborder les questions sécuritaires et économiques, c'est la place du continent dans l'architecture de la convenance mondiale qui est aussi interrogée", lit-on dans cette missive.
Dans une déclaration accordée à SNRTnews, Lahcen Haddad, précise que "la lettre de la Commission parlementaire Mixte Maroc-Union européenne vise à alerter l’UE que le dénommé Brahim Ghali, qu’elle a l’intention d’accueillir au Sommet Afrique-Europe, est poursuivi pour des affaires pénales".
C’est ainsi que la Commission parlementaire a rappelé dans sa lettre que ce criminel multirécidiviste est poursuivi pour "détention illégale et enlèvement, viols, tortures, lèse-humanité, et d’actes de tortures commises dans les camps de réfugiés sahraouis à Tindouf, en Algérie, depuis des années". Il avait aussi orchestré l’assassinat de pêcheurs espagnols des îles Canaries en 1983 et a été à l’origine de tous les scandales de détournements de l’aide humanitaire et l’ampleur de la corruption et son enracinement dans les rangs du polisario épinglé par l’Office européen de lutte antifraude depuis 2015 à nos jours.
Selon la même source, ce criminel machiavélique qui utilise tous les moyens pour arriver à ses fins, a été aussi cité par les membres de l’ONU comme étant derrière le recrutement des enfants soldats dans les camps de séquestration des Sahraouis à Tindouf, sur le sol algérien, et de leur déportation à un très jeune âge à Cuba pour embrigadement idéologique et entraînement militaire, le tout documenté par des ONG et les témoignages des victimes de cette violation flagrante des droits de l’enfant.
Du coup, l’invitation de Brahim Ghali à ce sommet et son entrée sur le sol européen alors que la justice le poursuit pour plusieurs chefs d’accusation retenus contre lui, "il y va de la crédibilité institutionnelle de toute l’Union européenne", alerte la Commission parlementaire mixte Maroc-UE.
"Nous ne comprenons pas que les relations privilégiées entre le Maroc et l’UE, puissent pâtir d’une collusion incompréhensible polisario-Algérie qui dépense des sommes considérables pour fournir des armes aux séparatistes du polisario", s’indigne le président de la Commission, Lahcen Haddad.
D’ailleurs, dans sa lettre, elle n’a pas manqué d’évoquer l’entrée frauduleuse en avril dernier sur le sol espagnol du dénommé Brahim Ghali, sous une fausse identité et sous des prétentions humanitaires douteuses, qui avait mis a rude épreuve le partenariat stratégique avec les voisins du nord.
"Ce parti pris manifeste avait suscité la stupeur de l'opinion publique marocaine et a été unanimement condamné par les autorités du Royaume, étant donné qu'il s'agit d'un individu qui s'est rendu tristement célèbre en accumulant divers crimes et délits pour lesquels il devrait are traduit devant les juridictions espagnoles et internationales", rappelle la Commission parlementaire mixte.
Articles en relations
Economie
Politique
Africa
Politique