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France: éligible mais sous bracelet, incertitude autour de la candidature de Marine Le Pen à la présidentielle
07/07/2026 - 15:15
AFP
La justice française a ouvert mardi la voie à une quatrième candidature à la présidentielle de Marine Le Pen en réduisant son inéligibilité dans une affaire de détournement de fonds publics, mais la dirigeante d'extrême droite pourrait devoir faire une partie de sa campagne sous bracelet électronique.
La cheffe de file de l'extrême droite a vu sa peine prononcée le 31 mars 2025 réduite en appel à 45 mois d'inéligibilité, dont 15 mois ferme. Mais la peine de trois ans de prison, dont un ferme sous bracelet électronique, la place face à un dilemme.
"Quand on est un candidat à la présidentielle, il faut être totalement libre de ses mouvements, et ça n'est pas le cas si vous êtes porteur d'un bracelet électronique", avait-elle déclaré mercredi sur la chaîne LCI la favorite des sondages pour le premier tour de la présidentielle.
Elle doit annoncer sa décision sur une éventuelle candidature au journal télévisé de la chaîne TF1, a confirmé auprès de l'AFP l'un de ses proches.
Si elle n'est pas candidate, son dauphin Jordan Bardella, 30 ans, qui lui a succédé à la tête du Rassemblement national depuis 2022, portera la voix de l'extrême droite, qu'elle a oeuvré à "dédiaboliser".
Marine Le Pen a quitté le tribunal dès la fin de la lecture de la décision, sans s'exprimer, et a rejoint le siège du Rassemblement national pour se concerter avec les cadres de son parti.
La décision de la cour d'appel de Paris était attendue par toute la classe politique française. Marine Le Pen, 57 ans, s'est déjà hissée deux fois au deuxième tour des trois dernières élections présidentielles (2017 et 2022). Les scores du Rassemblement national progressent depuis des années. Le RN est devenu en 2024 le groupe politique le plus nombreux à l'Asseemblée nationale.
"Libre choix des électeurs"
Le 31 mars 2025, Marine Le Pen avait été reconnue coupable d'avoir mis en place, entre 2004 et 2016, un "système" pour payer avec de l'argent du Parlement européen des salariés du Front national (l'ancien nom du parti), qui traversait alors des difficultés financières.
Elle avait été condamnée à quatre ans d'emprisonnement dont deux ferme, 100.000 euros d'amende et surtout une peine d'inéligibilité de cinq ans avec exécution immédiate, brisant son élan vers la présidentielle.
Elle avait dénoncé une décision "politique" des juges et une "chasse aux sorcières".
Si les faits reprochés sont "graves", les peines d'inéligibilité prononcées ont été pondérées par "la liberté des candidatures" et "le libre choix des électeurs", "condition de l'expression démocratique", avait affirmé la juge du tribunal en ouverture de la lecture de la décision.
Quelle que soit la décision, "nous ne nous découragerons jamais, nous lutterons toujours, nous irons jusqu'au bout, jusqu'à la victoire", avait-elle lancé samedi, aux côtés de Jordan Bardella, dans son fief électoral du nord de la France.
Les sondages offrent à l'une comme à l'autre le statut de favoris du scrutin des 18 avril et 2 mai. Au premier tour, ils recueillent plus de 30% d'intentions de vote.
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