Société
Rayons UV et risques pour la santé: Ce que cache le soleil d’été
07/07/2026 - 13:10
Hiba Afza
Alors que le soleil de plomb fait grimper le mercure dans plusieurs provinces du Royaume, un indicateur mérite une attention particulière : "l'indice UV". Invisible mais potentiellement dangereux.
Entre la quête du grand air et les risques insoupçonnés pour la peau et les yeux, même lorsque le ciel est nuageux, comprendre ce paramètre météo devient un impératif de santé publique pour traverser l'été en toute sécurité.
Un outil universel pour mesurer le danger invisible
L’indice des rayons ultraviolets, communément appelé indice UV, est une mesure internationale de l’intensité du rayonnement ultraviolet émis par le soleil à la surface de la Terre. Cet outil scientifique sert avant tout à évaluer le risque que court notre santé lors d'une exposition solaire à un moment et un endroit précis. Son but principal est de sensibiliser le public afin d'éviter les coups de soleil immédiats et les dommages cellulaires à long terme.
L’intégration de cet indice dans les bulletins météorologiques quotidiens répond à une nécessité de santé publique. En effet, la température ressentie ou la chaleur ambiante n'ont aucun rapport avec la force des rayons UV. Il est tout à fait possible de subir de graves brûlures sous un vent frais ou par temps légèrement nuageux. Ce calcul standardisé et fiable est le fruit d’une collaboration internationale étroite entre l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE).
Décoder les niveaux de vigilance et le seuil de tolérance de la peau
L’indice UV est représenté par une échelle numérique universelle allant de 1 à 11 et plus. Les niveaux 1 et 2 correspondent à un risque faible qui ne requiert aucune protection particulière. Interrogée par SNRTnews, le Dr Sara Bouabdella, dermatologue, alerte sur la précocité du danger: "Le risque pour la peau débute dès que l’indice UV atteint 3, seuil à partir duquel il est recommandé de mettre en place une protection solaire. Contrairement aux idées reçues, il n’est pas nécessaire qu’il fasse très chaud ou que le soleil soit fort pour que les UV soient nocifs".
La spécialiste insiste sur le fait qu'à partir d'un indice de 3, "les dommages cellulaires commencent à s’accumuler, même sans coup de soleil visible". Elle précise qu'à ce stade, "on peut développer une rougeur cutanée avec une sensation de brûlure après une exposition relativement courte" et que "l’exposition répétée contribue au vieillissement cutané et augmente le risque de cancers cutanés". Le curseur de la vigilance doit encore monter d'un cran d'après l'experte: "Lorsque l’indice UV est de 6 ou plus, le risque devient élevé et les mesures de protection doivent être renforcées".
Plusieurs facteurs environnementaux influencent directement cette intensité au fil des heures. Le rayonnement est naturellement au plus fort au milieu de la journée, lorsque le soleil se trouve au zénith. La position géographique joue également un rôle majeur, puisque les UV s'intensifient à mesure que l'on se rapproche de l'équateur ou que l'on prend de l'altitude, l'atmosphère étant plus mince pour filtrer les rayons.
Des agressions cellulaires immédiates aux pathologies lourdes
Une exposition excessive et non contrôlée aux rayons ultraviolets présente des dangers immédiats mais aussi des conséquences irréversibles à long terme. Le Dr Sara Bouabdella explique que "les premiers effets des UV sont souvent invisibles. Avant même l’apparition d’un coup de soleil, les rayons ultraviolets provoquent des lésions de l’ADN des cellules cutanées ainsi qu’un stress oxydatif".
À court terme, la dermatologue note qu'« on peut observer un érythème solaire (coup de soleil), signe d’une inflammation de la peau, une déshydratation cutanée, ainsi qu'une pigmentation (bronzage), qui est en réalité une réponse de défense de la peau et non un signe de bonne santé ». À plus long terme, prévient-elle, « ces expositions répétées favorisent le vieillissement prématuré de la peau (rides, perte d’élasticité, taches pigmentaires), des lésions cutanées pré-cancéreuses et le développement de cancers cutanés ».
Parallèlement, les yeux paient un tribut tout aussi lourd. Les agressions oculaires répétées peuvent aller d'une simple inflammation douloureuse de la cornée à l'apparition précoce de la cataracte, l'une des causes majeures de cécité dans le monde. Face à ces menaces, l'OMS rappelle que les enfants et les adolescents sont les plus vulnérables en raison d'une barrière cutanée plus fine, tout comme les personnes à la peau très claire ou les professionnels travaillant en extérieur.
Les règles d'or de la photoprotection efficace
Pour profiter de la saison estivale sans mettre sa santé en péril, la prévention doit reposer sur un ensemble de mesures complémentaires et rigoureuses. Pour SNRTnews, le Dr Bouabdella liste les réflexes essentiels à adopter: "Il faut éviter l’exposition entre 12 h et 16 h, période où les UV sont les plus intenses, et rechercher l’ombre, tout en gardant à l’esprit qu’elle ne protège pas totalement des UV réfléchis". Elle conseille également de "porter des vêtements couvrants, un chapeau à larges bords et des lunettes de soleil".
Pour compléter cette panoplie, la protection topique doit être irréprochable. L'experte recommande "d’appliquer une crème solaire à large spectre (UVA/UVB), SPF 50+, en quantité suffisante, 15 à 30 minutes avant l’exposition, puis renouveler l’application toutes les deux heures et après chaque baignade, transpiration importante ou essuyage". Enfin, un accent tout particulier doit être mis sur les plus jeunes: "Il faut protéger particulièrement les enfants, dont la peau est plus vulnérable aux UV. Les nourrissons ne doivent pas être exposés directement au soleil".
L'indice UV rappelle que la vigilance ne doit pas dépendre de la fraîcheur du vent ou de la présence de quelques nuages. Face à ce danger invisible qui s'intensifie sur le Royaume, adopter ces réflexes au quotidien reste le meilleur moyen de concilier plaisir estival et capital santé.
Articles en relations
Société
Société
Société
Art & Culture