Sport
Ils ont fait le Mondial: une première sans Diego
14/11/2022 - 15:37
Nassim El Kerf
"Ils ont fait le Mondial", c'est une série de portraits de légendes du football et du Mondial, que publiera SNRTnews en marge de la Coupe du monde 2022 au Qatar. Pour commencer, notre rédaction a opté pour le plus grand absent de cet événement, Diego Maradona, qui nous a quitté le 25 novembre 2020.
Pour la première fois depuis l'édition 1958, Diego Maradona, n'assistera pas à une Coupe du monde. Le gamin en or, né en 1960 a vu son nom lié au football depuis son tout jeune âge dans les bidonvilles de Lanus. Avant de quitter ce monde le 25 novembre 2020 et le décret de 3 jours de deuils en Argentine, Diego a pris le temps d'éclabousser le monde de tout son talent, remporter la Coupe du onde, s'élever au rang d'une divinité à Naples et devenir une légende sur les terrains comme en dehors.
Naïf est celui qui croit que Maradona se résume au ballon rond. Diego c'est le ballon, le terrain et tout se qui se passe au tour. C'est celui qui a vécu sa vie à 200 km/h, sans jamais se soucier des limites. L'homme qui cumule les 100 surnoms, a fait les 400 coups et en a pris plus que 1.000 durant sa carrière. Parce que balle au pied, Maradona était intenable au point de forcer les entraîneurs adverses à innover, trouver des solutions pour l'arrêter. Tous les moyens étaient permis pour arrêter Diego, et ce n'est pas Andoni Goikoetxea de l’Athletic Bilbao qui dira le contraire.
En blessant Maradona de passage au Barça aux débuts des années1980, le Basque ne se doutait pas qu’il avait commencé à écrire l’histoire de Naples, un petit club du sud de l’Italie. Andoni est devenu l’ennemi numéro un de la planète football en blessant Diego, ce dernier fidèle à lui-même, causera une bagarre générale pour se venger en 1984 après une finale de la Coupe du Roi perdue contre Bilbao.
Comme pour prouver que Diego est humain, les dirigeants du football espagnol le sanctionneront et sera suspendu trois mois. Priver le football de Diego pour trois long mois? Jamais. Maradona signera à Naples, les aboutissements de cette signatures, ses coulisses et sa suite, le monde entier les connaît.
Il mettra à ses pieds l’Italie, pays du football défensif et rugueux. Gagnera tous les trophées possibles avec le Napoli pour se hisser au rang d’une divinité dans tout le sud de l’Italie qui vivait au rythme du foot, des pizzas et des balles de la Mafia.
La vie de Maradona, tout le monde la connaît sur le bout des doigts. Avec ses prouesses et ses excès, ses éclairs de génie et ses multiples descentes aux enfers. Mais parce que ses fans le croyaient immortel, Diego renaissait de ses cendres. A chaque fois, fidèle à sa légende et sa réputation de phénix.
Il défiera la mort à plusieurs reprises pour sortir sur ses pieds, parfois sur fauteuil roulant au milieu des foules qui s’amassent devant les hôpitaux de Buenos Aires. En avril 2004, il avait fait un malaise cardiaque; en mars 2007; il sera encore hospitalisé pour l’hépatite pour ne citer que ces deux cas. Car Diego, payera très cher sa vie erratique, sa vie sous pression sociale, sa vie personnelle qui parfois ressemblait à des scènes de films de narcotrafiquants.
Mais le football a réservé la majorité des pages de ses belles histoires à Diego, son enfant préféré. Ses adversaires avaient l’impression que le ballon l’aimait plus que tout, comme un premier fils adulé, même si ce même ballon avait connu des légendes avant et notamment son roi Pelé. Mais ceux qui l’ont vu joué ou qui l’ont côtoyé que le ballon préférait Maradona parce qu’il savait le caresser. Du coup, ses plus belles histoires, elles sont forcément liées au Pibe de Oro. L’écrivain argentin Eduardo Sacheri l’a d’ailleurs relaté en liant l’histoire sanglante entre l’Argentine et l’Angleterre, au fameux match entre les deux nations au Mexique en 1986.
"L'Albiceleste de Maradona est devenue championne du monde (en 1986) peu après la dictature et ses tragédies (1976-1983), quatre ans après la guerre des Malouines, perdue contre les Anglais (…) Pour notre plus grand bien ou pour notre malheur, Diego a cicatrisé de vieilles et profondes blessures. Il est impossible pour Messi, ou pour n'importe quel joueur argentin, d'égaler cette épopée. C'est une question de destin. L'important, ce n'est pas d'où Maradona est venu, mais où les Argentins pensent qu'il les a conduits" écrivait-il pour décrire celui qui disait lors de ses premières interviews filmées en noir et blanc, qu’il avait deux rêves, "jouer la Coupe du monde et la remporter" alors qu’il avait à peine onze ans.
Et parce que les belles histoires ne s’arrêtent pas après la mort, le football a voulu que son premier mondial sans Diego depuis 1958 ne se joue pas durant l’été, la saison de la joie et cette "Alegria" qu’aimait tant Maradona, mais bien en hiver, pour un Mondial d’exception, sans l’enfant préféré du ballon rond.
Articles en relations
Sport
Sport
Sport
Sport