Sport
Jaouad Gharib, l'instinct du champion
16/07/2024 - 08:00
Amine Oubaha
Jaouad Gharib est l’un des athlètes ayant marqué son nom en lettres d'or dans l'histoire de l’athlétisme marocain. Ce natif de Khénifra a travaillé avec acharnement pour devenir un champion olympique, et il l’a fait. Son histoire se veut inspirante pour les athlètes marocains, qui prendront part, aux Jeux Olympiques de Paris 2024.
Tout a commencé en 1993. Alors jeune, Jaouad Gharib était posé devant la télévision et suivait avec curiosité le Marathon de Marrakech. Impressionné par la force et l’endurance des athlètes qui y prenaient part, Gharib a senti avoir besoin de relever le défi et courir de longues distance. A ce moment là et sans avoir la moindre idée sur la discipline, il s’est vu capable de devenir un marathonien.
Porté par cet enthousiasme, celui qui deviendra plus tard champion du monde s’est lancé le lendemain dans une course de 20 Km de distance. Ce fut ses premiers pas dans le monde de l’athlétisme. Natif de Khénifra, Jaouad Gharib n’avait aucune connaissance, ni d’expérience en la matière. Il sortait courir dans la nature, mais ne savait pas comment acquérir les ingrédients nécessaires pour devenir un athlète complet. Un coureur ayant des techniques précises pour pouvoir se former et s’entrainer en bonne et due forme.
Mais à force de forger on devient forgeron. Le destin a voulu que Jaouad Gharib intègre un des clubs d’athlétisme de Khénifra, où il a commencé à s’entrainer selon un programme bien défini. Il a aussi commencé à prendre part à des semi-marathon au niveau national, au point qu’il a réussi grâce à ces performances d’offrir à son club la 3e place au niveau national.
Il a dû donc évolué dans un premier temps dans les tréfonds de l’athlétisme marocain, avant de grandir et devenir un jour, un champion du monde et olympique.
En se frottant avec des athlètes de grande expérience, le spécialiste en Marathon s’est offert une place parmi les meilleurs au Maroc. Son potentiel a tapé dans l’œil des responsables de la Fédération royale marocaine d’Athlétisme qui l’ont intégré au sein de l’Institut national de Rabat. Bien qu’il ait commencé à l’âge de 22 ans, le parcours de Jaouad Gharib a pris la bonne direction et cela était dû à sa force et sa grande volonté de remporter un jour un marathon. C’était un rêve pour lui qui commençait à prendre forme en 2002.
Motivé et assisté par le champion olympique Brahim Boutayeb, Jaouad Gharib a pris part au Championnat du monde du semi-marathon de Bruxelles, à l’issue duquel, il finit deuxième, avec le statut de vice-champion du monde et une médaille d’argent.
De quoi lui donner une bonne dose de confiance et de motivation pour la suite. Un an plus tard, cet athlète connu pour être timide réalise enfin son rêve en devenant champion du monde, après avoir remporté le Marathon de Paris, avec un timing de 2 h 08 min 31 s. Il lui a fallu que de réussir une première fois, pour enchainer par la suite les exploits. En 2005, il triomphe à Helsinki, en remportant la médaille d’or, avec un temps de 2 h 10 min 11 s.
En 2008, c’était l’année de la consécration et l’année du couronnement d’un parcours atypique de Jaouad Gharib. Il a vu enfin sa carrière aboutir à un succès olympique.
Du haut de ses 36 ans, l’athlète marocain a voulu ardemment conclure son parcours par une consécration légendaire. Avant les JO, il s’est lancé dans des préparatifs acharnés, loin des projecteurs, dans les montagnes de Khénifra, sa ville natale avant de boucler ses entrainements à Ifrane et Michlifen.
Des efforts qui ont enfin payé. Gharib a remporté la médaille d’argent avec un temps de 2h 07 min 16 s. Il a fièrement honoré les couleurs marocaines à Pékin avec l’athlète marocaine Hassna Benhassi qui a remporté la médaille de bronze sur 800 mètres, avec un temps de 1 min 56 s 73.
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