Monde
Trump affirme qu'un accord sera signé dimanche avec l'Iran
13/06/2026 - 23:13
AFP
Donald Trump et le médiateur pakistanais ont affirmé samedi que la signature d'un accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient était prévue dimanche, une date non confirmée à ce stade par Téhéran.
C'est d'abord le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif qui a indiqué sur X s'attendre à la "finalisation" de cet accord "dans les prochaines 24 heures", et se préparer à sa "signature électronique" avant des "discussions techniques" la semaine prochaine.
Le président américain, qui a déjà annoncé de nombreuses fois qu'un accord était imminent sans que cela ne se concrétise, a ensuite assuré que la signature était "prévue" pour dimanche, jour de ses 80 ans.
"Dès qu'il aura été signé, le détroit d'Ormuz sera OUVERT À TOUS", a-t-il écrit sur son réseau Truth Social.
S'agissant de l'uranium enrichi, autre point central de ces laborieuses négociations, le milliardaire a déclaré que les Etats-Unis iraient le récupérer en Iran "le moment venu", alors que Washington affirmait jusqu'ici qu'un accord devrait aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre de récupérer cette matière fissile, qui serait détruite puis sortie d'Iran.
La diplomatie iranienne a de son côté évoqué samedi un accord dans "les prochains jours" mais pas dimanche, selon l'agence de presse gouvernementale Irna.
Poussière nucléaire
Depuis vendredi, les deux camps laissaient entrevoir une issue. Mais, les versions d'un éventuel accord données par les médias iraniens et Washington divergent.
Comme l'a rappelé le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi: "tant qu'un accord complet n'aura pas été conclu (...) on ne pourra affirmer avec certitude qu'un terrain d'entente a été trouvé".
Selon lui, le compromis prévoit la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures. Elle est contrôlée par Téhéran depuis le début de la guerre, ce qui a fait flamber les prix du pétrole.
L'agence de presse iranienne Mehr avait publié vendredi un texte présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, remplissant une série de conditions iraniennes, dont le droit à l'enrichissement d'uranium et le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger, demande clé de la République islamique asphyxiée économiquement par les sanctions.
Selon Donald Trump samedi, les Iraniens, qui démentent vouloir se doter de l'arme atomique comme les en accusent les Etats-Unis et Israël, "ne veulent plus d'arme nucléaire". Les Etats-Unis iront "quand tout sera calme (...) récupérer la poussière nucléaire, enfouie profondément" dans les montagnes afin de la diluer et de la détruire "en Iran ou aux États-Unis", a-t-il ajouté.
Le chef de la diplomatie iranienne avait préconisé la veille une dilution en Iran des stocks d'uranium enrichi à 60%. Les diluer à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe atomique, éloignerait considérablement la menace d'un programme nucléaire à des fins militaires.
"Pessimiste"
En Iran, la possibilité d'un tel règlement a suscité l'opposition de dirigeants conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du détroit d'Ormuz.
Une vidéo montrant des dizaines de manifestants scandant des slogans contre le ministre des Affaires étrangères a été diffusée samedi soir par une agence de presse iranienne.
D'autres Iraniens se montraient circonspects. "Personne ne se soucie du peuple iranien", regrette Ali, 49 ans, contacté depuis Paris et qui ne souhaite pas décliner son identité complète. Lui redoute qu'en cas d'accord, le pouvoir "opprime la population mille fois plus durement".
Saïd Sadeghi, employé de 49 ans, se dit lui "très pessimiste": "même si la partie américaine acceptait toutes nos demandes et exigences, ce dont je doute fortement, ils pourraient revenir sur leurs engagements, déchirer l'accord et attaquer à nouveau l'Iran".
Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant un cessez-le-feu le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.
Donald Trump est sous pression aux Etats-Unis pour s'extraire d'une guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par son pays.
Sur le Liban, autre volet majeur, un haut responsable américain a indiqué vendredi qu'il était bien inclus dans l'accord en discussion, comme réclamé par Téhéran. Washington avait auparavant dit vouloir dissocier ce dossier.
Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne son voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite, qui cible lui ses positions et son territoire.
L'armée israélienne a indiqué samedi avoir frappé en 24 heures "plus de 70 sites" liés selon elle au Hezbollah. Les frappes israéliennes ont fait plus de 3.700 morts depuis début mars, selon Beyrouth.
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